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Sénégal : l’immunité parlementaire du député Ousmane Sonko levée

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Sénégal : l’immunité parlementaire du député Ousmane Sonko levée

JUSTICE. Désormais, l’opposant politique et leader du parti Pastef les patriotes accusé de viol n’est plus protégé par son statut parlementaire.

Alors qu’Ousmane Sonko continue de dénoncer un complot politique, l’Assemblée nationale du Sénégal a levé ce vendredi 26 février son immunité parlementaire. Concrètement, le député et fondateur du parti Pastef les patriotes visé par une plainte pour viol et menace de mort n’est plus protégé par son statut parlementaire. Cette décision à l’encontre de celui qui s’est imposé de fait comme le principal opposant au président Macky Sall à la suite du ralliement du libéral Idrissa Seck ouvre la voie à une convocation par la justice.

La séance plénière, qui s’est déroulée à huis clos en raison du coronavirus, a été émaillée de joutes tendues entre la majorité et l’opposition, selon les échos des débats retransmis en direct à la radio. Sur les députés présents, 98 ont voté en faveur de la levée de l’immunité d’Ousmane Sonko, un a voté contre et deux se sont abstenus. Ceux de l’opposition ont quitté la salle avant le vote, a précisé à l’AFP Dié Mandiaye Ba, la présidente de la commission chargée des travaux préparatoires.

Un fait, deux versions

Ousmane Sonko, dont le discours antisystème teinté de conservatisme religieux et de nationalisme africain séduit en particulier la jeunesse, a fait l’objet début février d’une plainte pour viols et menaces de mort déposée par une employée d’un salon de beauté dans lequel il allait se faire masser pour, dit-il, soulager ses maux de dos. Il nie ces accusations et crie au complot. Arrivé troisième lors de la présidentielle de 2019, le député de 46 ans accuse le président Macky Sall d’avoir monté une affaire de mœurs pour ruiner ses projets pour la présidentielle de 2024. Et il reproche avec virulence aux juges d’être à la solde du pouvoir exécutif. « Si Macky Sall veut me liquider, il devra, pour une fois, accepter de se salir les mains, a-t-il lancé jeudi lors d’une conférence de presse. Je ne répondrai pas à une telle convocation parce que les règles de la procédure de levée de l’immunité n’ont pas été respectées. »

Député depuis 2017, farouche opposant au président Macky Sall, il a accusé son régime d’avoir « injustement et illégalement » placé en détention 33 de ses partisans ayant pris part à des manifestations de soutien émaillées d’incidents. La police sénégalaise a démenti le week-end dernier que les manifestants aient fait l’objet de « tortures ».

Certains de ses partisans ont brûlé ce vendredi matin des pneus sur la chaussée à plusieurs endroits de Dakar et de sa banlieue, selon les médias locaux. En revanche, une tranche de la population lui reproche toutefois d’avoir fréquenté ce salon de beauté, a fortiori après l’heure du couvre-feu.

La tension politique ne retombe pas

La plainte contre Ousmane Sonko, qui a déclenché une tempête dans le monde politique et médiatique, a suscité des comparaisons avec les ennuis de Karim Wade, fils et ancien ministre de l’ex-président Abdoulaye Wade, et de Khalifa Sall, maire déchu de Dakar, tous deux frappés par des condamnations pour des malversations financières et empêchés de se présenter à la présidentielle de 2019. Macky Sall, 59 ans, élu en 2012 et réélu en 2019, maintient le flou sur l’éventualité d’une candidature à un troisième mandat, malgré la limite de deux instaurée après une révision constitutionnelle approuvée en 2016.

Source: lepoint

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