Référendums

La bonne marche de la démocratie exige la tenue d’élections, la participation du peuple à l’action gouvernementale, ce qui justifie sans nul doute la tenue des référendums dans les démocraties modernes. Fidèle aux principes démocratiques, le Sénégal dénombre quatre référendums dont trois post indépendances.
C’est en 1958 que le premier référendum fut organisé au Sénégal. Ce référendum intervient dans un moment où le Sénégal est alors une colonie de la France. A ce titre, les colonies françaises devaient approuver par le référendum leur intégration dans une communauté française, préalable à leur indépendance, en répondant à la question de savoir : « Approuvez-vous la Constitution proposée par le Gouvernement de la République ? ». Le vote s’est soldé par au Sénégal par un Oui massif de 99,45% après une campagne des leaders de l’époque en faveur du maintien du Sénégal dans la communauté française. C’est au total 1 100 823 électeurs qui s’étaient inscrits avec un taux de participation de 81,1%.

Le Sénégal indépendant organise son premier référendum, le 3 mars 1963 dans des moments tristes de son histoire. En effet, l’amitié de longue date des hommes politiques emblématiques Mamadou DIA et Léopold Sédar SENGHOR est secoué lorsque le Président poète accuse le Président du conseil de formater un coup d’Etat à son encontre. Mais aujourd’hui, l’histoire a retenu que le président de l’époque Léopold Sédar Senghor a écarté du pouvoir le président du conseil. En ce sens après l’arrestation de ce dernier le 18 décembre, il est organisé au Sénégal trois mois plus tard, un référendum pour l’adoption d’une nouvelle constitution dont la quintessence fut l’abolition du poste de Premier ministre. C’est avec une majorité écrasante que le Oui l’a emporté au soir du vote. En effet, sur les 1 232 479 inscrits seuls 6 349 suffrages ont été exprimés en faveur du Non. C’est ce qui a consacré la suppression du poste de premier ministre, en 1963.

L’histoire vacille ou encore évolue en dents de scie, ce qui explique sans nul doute le référendum de 1970 pour un retour du poste de Premier ministre qui fut supprimé dix ans plus tôt. Cette restauration permit par la suite la consécration de M. Abdou DIOUF au poste de Président de la République suite à la démission du président poète en 1980. Comme à l’accoutumée, les citoyens de la nouvelle république votèrent en faveur du Oui avec un taux de participation de 95, 2%.

C’est trente ans plus tard que le Président Abdoulaye WADE, fraîchement élu, sous la mouvance de la première alternance, a organisé le quatrième référendum du Sénégal. Ce dernier a doté le Sénégal d’une nouvelle constitution. A ce titre, le Président de la République a supprimé le Sénat, mais l’objectif majeur était de réduire la durée et le nombre de mandats du président de la République de sept à cinq. Ce référendum marqué par un taux de participation de 65,74% a également été soldé par une victoire écrasante du Oui. C’est au total 98,41% des suffrages exprimés qui ont approuvé cette décision du Gouvernement. Quoique cette question du mandat reste d’actualité après qu’elle fut remise à sept ans par le pouvoir législatif de 2008. A tort ou à raison ? L’assemblée nationale de l’époque avait-elle le droit, les prérogatives de revoir cette disposition de la constitution ?

Actuellement, le « camp du OUI » et le « front du NON » s’opposent pour faire peser la balance en leur faveur. Le Sénégal s’engage une nouvelle fois, sous l’ère du Président Macky SALL, dans une élection référendaire le 20 mars prochain dont l’objectif est une révision de la constitution de 2001. Le référendum cristallise tous les regards et les débats. A ce titre, les chaînes de télévision par des publireportages, les radios par des débats politiques, la société numérique par des bannières publicitaires, des post sur les réseaux sociaux façonnent la vie des Sénégalais depuis plus d’un mois. Ces derniers jours la campagne référendaire est plus tendue avec des heurts notés dans la banlieue dakaroise, à Ziguinchor, à Saint-Louis, etc. En réalité, la voix revient aux peuples pour se prononcer sur des questions nouvelles proposées par le gouvernement. Le choix du OUI ou du NON constitue une décision personnelle à prendre seule dans l’urne au jour du 20 mars.

A la lumière de ce qui précède, les référendums au Sénégal se suivent et se ressemblent dans une démocratie vielle et belle de par sa tradition multicellulaire. Mais ces derniers évoluent dans un labyrinthe repassant continuellement sur les mêmes chemins déjà parcourus évoluant ainsi dans un éternel recommencement. Pour exemple, les deux premiers référendums du Sénégal indépendant se sont évertués à abolir et à restaurer le poste de Premier ministre. Par ailleurs, les deux derniers se consacrent à la question du nombre et de la durée du mandat du Président.

Référendum constitutionnel de 2016

Le référendum constitutionnel sénégalais de 2016 a eu lieu le 20 mars 2016. Projet de révision de la Constitution Il comporte 15 points sur des réformes...

Référendum constitutionnel de 2001

Le référendum constitutionnel de 2001 a été organisé au Sénégal par le Président Abdoulaye Wade élu en 2000, afin d'obtenir l'approbation de la nouvelle...

Référendum constitutionnel de 1970

Le référendum constitutionnel de 1970 a été organisé au Sénégal par le Président Léopold Sédar Senghor élu en 1960, afin d'obtenir l'approbation de la...

Référendum constitutionnel de 1963

Le référendum de 1963 a été organisé au Sénégal par le Président Léopold Sédar Senghor élu en 1960, afin d'obtenir l'approbation de la nouvelle...

Le Sénégal, sa démocratie et ses référendums

La démocratie désigne le régime politique dans lequel le pouvoir est détenu par le peuple suivant le principe de l’égalité comme le rappel, d’ailleurs...