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NAFISSATOU DIOP

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NAFISSATOU DIOP

Des études de comptabilité puis un déclic en assistant à un défilé de mode à Paris et la voila qui s’inscrit à son tour dans une école avant de rentrer au Sénégal en 1997 pour lancer sa propre marque, Nafytoo. Le défi de Nafissatou Diop continue à Dakar, avec sa volonté d’offrir à ses consœurs plus d’astuces de séduction à travers ses créations dans la lingerie fine.

 « La coquetterie des Sénégalaises est culturelle»
Nafissatou, dites nous comment se porte la lingerie au Sénégal ? Nafissatou Diop : « Elle se porte très bien. D’autant plus qu’il y a de plus en plus de jeunes filles talentueuses qui se sont spécialisées dans ce domaine et qui viennent me voir dans l’espoir de travailler avec moi. Je les encourage à développer leur propre style et à ne pas avoir recours à la copie. J’ai d’ailleurs pris l’initiative d’exposer leurs créations afin de les promouvoir et diversifier ainsi les produits dans mon magasin. Les clientes sont ravies de pouvoir trouver des styles différents dans une seule boutique.

Actuellement, quelles sont les tendances ; les Sénégalaises sont-elles plutôt lingerie moderne ou traditionnelle ?

« Je dirais que c’est mitigé : certaines clientes montrent une nette préférence pour la lingerie traditionnelle, tandis que d’autres préfèreront porter des nuisettes occidentales sous prétexte que leur époux sénégalais n’aime pas les petits pagnes. Le conseil que je donne à toutes ces femmes est d’alterner les deux styles. C’est à elles de leur faire aimer toutes les lingeries avec de la recherche, de la persévérance et les accessoires qui vont avec. Cela dit, de manière générale, la Sénégalaise est reconnue pour ses talents de séductrice dans son ménage.

On peut ainsi dire que la lingerie est suffisamment ancrée dans la coquetterie féminine…

« Je dirais même qu’elle est culturelle. Les femmes naissent et grandissent dans une ambiance de senteurs, pagnes et perles de taille. Elles les découvrent dans les cérémonies de mariage, baptême, tours de famille ou encore auprès de leurs aînées. De plus, elles n’en portent pas que dans l’intimité. Elles les arborent aussi sous leurs boubous, les vendredis ou durant les cérémonies pour leur propre plaisir et dans un pur souci de féminité. C’est sans doute ce qui explique la légendaire sensualité des Sénégalaises.

Parlez-nous un peu de votre clientèle

« Elle est composée de femmes mûres, de jeunes femmes et d’hommes. J’ai aussi beaucoup de femmes mariées de plus de trente ans qui accordent une grande importance à l’épanouissement de leur couple. Je reçois également des hommes qui viennent eux même choisir de la lingerie pour leur épouse. Je prends toujours plaisir à recevoir ces maris attentionnés qui font preuve d’ouverture d’esprit et de complicité avec leur femme. »

Et quels produits leur proposez-vous ?

« Comme son nom l’indique (Epices de femmes – ndlr), ma boutique, propose tout ce dont une femme a besoin pour « pimenter » sa vie de couple : de la lingerie traditionnelle et occidentale, des variétés de senteurs, des accessoires de séduction… Mais l’innovation reste le concept du rideau rouge. De quoi s’agit-il ? D’une pièce aménagée spécialement pour les femmes et interdite aux hommes ! J’y reçois les clientes en toute complicité pour leur proposer des produits et accessoires complémentaires à la lingerie. On s’y retrouve souvent en groupe par le biais du bouche-à-oreille. Et c’est toujours des moments de détente, de rigolade et d’achats pour le bonheur de leur époux. »

Peut-on dire que la séduction est une arme ou plutôt une astuce pour retenir son homme ?

« L’époux d’une amie a dit un jour : « La lingerie de Nafytoo est une arme de séduction massive ». Cette phrase est explicite dans la mesure où arme et astuce s’unissent pour retenir leur homme et le décourager d’aller voir ailleurs. »

Après deux participations au Salon international de la lingerie à Paris, avez-vous tiré une certaine expérience de cette manifestation ?

« Grâce à mes deux participations au salon international de la lingerie en 2006 et 2007, j’ai fait connaître la lingerie sénégalaise aux acheteurs occidentaux et exporté vers des pays comme l’Angleterre, le Canada ou l’Allemagne. Cela dit, depuis deux années, je me concentre sur le développement de ma nouvelle boutique avant de reprendre les salons de lingerie. »

Entretien réalisé par Omar DIOUF le 14 fevrier 2009

Source: le Soleil

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