Maladies et épidémies au Sénégal

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Les épidémies constituent des épisodes anciens de malheur faisant partie du paysage quotidien des sociétés et des hommes du Sénégal

Paludisme
Véritable problème de santé publique, le paludisme (également appelé malaria) est une maladie parasitaire transmise par les piqûres de moustiques. Un Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP) a été mis en place et un magazine trimestriel, Paludisme Infos fait le point sur l’actualité en la matière.

Les voyageurs ont généralement recours à des mesures de protection (sprays, diffuseurs électriques, moustiquaires) et à des médicaments antipaludéens adaptés à chaque cas.

De nouveaux produits génériques représentent un espoir pour les populations locales qui ne peuvent avoir accès à ces traitements souvent coûteux.

Au Sénégal, « la transmission du paludisme est toujours étroitement liée au rythme des pluies et s’effectue en général au cours de la saison des pluies et au début de la saison sèche », explique le PLNP dans le « le Plan stratégique national 2016-2020 ».

« En général, les pluies commencent en juin et juillet », plus tôt dans le Sud que dans le Nord, et elles « se poursuivent jusqu’en octobre. Le pic de transmission (les mois durant lesquels la majorité des cas sont diagnostiqués) se trouve en octobre et en novembre ».

De même source, le fardeau de cette maladie « a connu une régression significative de plus de 50 % entre 2009 et 2015. En effet, la prévalence parasitaire est passée de 3 % à 1,2 % et la mortalité toutes causes confondues [est passée] de 72 pour mille naissances vivantes à 33 pour mille naissances vivantes chez les moins de 5 ans entre 2009 et 2014 », est-il expliqué dans le document.

Le Bulletin annuel 2017 du paludisme au Sénégal établi par le PNLP a été publié en mars 2018. D’après ce document, en 2017, près de 349.000 cas de paludisme (soit 2,2 % de la population) ont été confirmés sur près de 396.000 cas notifiés (la population du Sénégal est actuellement estimée à plus de 15,7 millions d’habitants par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD)8.

Sida
Mobilisation de lycéens de Thiès contre le SIDA
Selon ONUSIDA, une ONG des Nations unies, la proportion d’adultes (entre 15 et 49 ans) touchés par le virus du SIDA serait de 0,9 %9, l’un des taux les plus faibles du continent. Cependant, on note une certaine disparité selon les régions du Sénégal. La Casamance est la région la plus touchée avec une prévalence de 2,0 %10 alors que nous observons une moyenne pondérée de 0,5 % dans les autres régions du Sénégal. Cette disparité peut être expliquée par le conflit en Casamance.

Selon ces mêmes sources, le nombre de personnes touchées par le VIH en 2005 est estimé à 61 000 (entre 29 000 et 100 000).

5 200 décès (entre 1 700 et 12 000) seraient imputables au SIDA au cours de l’année de référence.

Syphilis
La syphilis endémique est directement liée au milieu social, à la mauvaise hygiène et aux conditions de logement. Comme pour les autres Infections sexuellement transmissibles (IST), le risque s’accroît avec la prostitution et le tourisme sexuel.

Tuberculose
En ce qui concerne la tuberculose, la situation s’est stabilisée depuis quelques années.

On recense 9 500 cas d’infection par an, avec 2 à 4 % de mortalité. Le taux de guérison est passé de 64 % en 2002 à 72 % en 2005. Selon les mêmes sources, la maladie est surtout localisée à Dakar et Thiès et touche davantage les hommes que les femmes.

Fièvre jaune
La fièvre jaune est une maladie virale grave, due à un arbovirus, le virus amaril, qui a été isolé en 1927 à la fois au Ghana et au Sénégal, à l’Institut Pasteur de Dakar. Le virus se transmet à l’homme par des moustiques du genre Aedes.

Ce virus fait l’objet de recherches au sein du Réseau International des Instituts Pasteur, notamment à l’Institut Pasteur de Dakar dont le laboratoire est également agréé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour fournir le vaccin aux programmes élargis de vaccination en Afrique.

La vaccination contre la fièvre jaune est recommandée, mais non obligatoire, pour l’entrée au Sénégal.

Chikungunya
Le chikungunya est une maladie infectieuse tropicale, également due à un arbovirus (Alphavirus de la famille des Togaviridae), transmise par des moustiques du genre Aedes. Le risque d’infection par ce virus au Sénégal existe.

Bilharziose et filariose
La bilharziose (Schistosomiasis) est une parasitose assez commune dans les régions tropicales et notamment au Sénégal. On la contracte en se baignant dans des eaux douces infestées de vers, c’est pourquoi elle touche notamment les cultivateurs et les pêcheurs, mais aussi les jeunes enfants.

Au Sénégal on observe deux formes de la maladie : la forme uro-génitale due à Schistosoma haematobium et la forme intestinale due à Schistosoma mansoni. La bilharziose uro-génitale a été découverte dans le pays au début du xxe siècle. On la trouve aujourd’hui dans la plupart des régions. De par sa fréquence, elle constitue la seconde endémie parasitaire après le paludisme. Quant à la bilharziose intestinale, les premiers cas ont été signalés au Sénégal en 1951. Aujourd’hui cette forme n’apparaît qu’occasionnellement et ponctuellement.

Liées à la présence d’eau douce stagnante, les bilharzioses sévissent dans le delta du fleuve Sénégal, notamment près de Richard-Toll, mais les nombreux projets d’aménagement hydro-agricoles constituent des facteurs de risques supplémentaires dans tout le pays.

Un Programme National de Lutte contre la Bilharziose (PNLB)13 a été mis en place.

La filariose est une maladie parasitaire due à des nématodes parasites appelés filaires. Comme la bilharziose, elle est liée à la présence d’eaux douces (fleuves, lacs).

Trypanosomiase
La trypanosomiase humaine (ou maladie du sommeil) est une maladie parasitaire qui a longtemps touché les vallées de l’Est du territoire (Ferlo).

Choléra
Des cas de choléra se déclarent de temps en temps au Sénégal et une épidémie a sévi dans la région de Touba en 2005. La maladie se transmettant par voie orale, notamment par des eaux souillées, son développement peut s’expliquer par les inondations qui ont touché le centre du pays à cette période. Le pays a connu une nouvelle alerte à partir du 3 août 2007. 1 274 cas dont 4 décès ont été enregistrés, principalement dans la région de Diourbel.

Méningite
Grâce aux campagnes de vaccinations, la méningite est en régression, mais on observe néanmoins des poussées saisonnières de février-mars jusqu’au printemps, tout particulièrement dans le Sénégal oriental, et occasionnellement dans le centre du pays (Kaolack, Fatick) et à Dakar.

Rougeole
Généralement bénigne dans les pays occidentaux, la rougeole a pourtant occasionné en moyenne 1 000 décès d’enfants par an jusqu’en 2002. C’est pourquoi un Programme élargi de vaccination (PEV)15 a été mis en place, incluant la rougeole, avec le projet de réduire de 95 % la mortalité due à cette affection infantile.