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Lettre de Idrissa Seck à Macky Sall.

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Lettre de Idrissa Seck à Macky Sall.

Pour les plus jeunes.

« ALLAH N’AIME PAS LES TRAÎTRES, MOI NON PLUS »

Lorsqu’en pleine guerre contre l’Armée de Pompée, soutenu par le Sénat, Emilus annonce à César la trahison de l’un de ses plus fidèles lieutenants, César se détourne.

Il ne veut pas montrer sa bouche qui se crispe, les rides qui se creusent à l’annonce de cette trahison Titus Labienus, le meilleur de ses tribuns militaires, celui qui a si souvent remporté des victoires en Gaulle, vient de rejoindre Pompée.

Mais César n’eut qu’une phrase : «Il reste romain.»

A la lecture dans Le Soleil des propos de Macky Sall (qui reste un «frère») sur les faucons qui ont sauvé le Président d’une tentative d’usurpation des fonctions présidentielles, même si la lâcheté l’empêche de dire par qui, sur la page Idrissa Seck qui serait tournée (vers où ? devrait-il se demander), j’ai souri.

Est-ce le même Macky Sall qui, au cours d’un dîner à cinq chez Pape Diop, à l’été 2003, lors de ma démission reconduction, me suppliait, devant témoins, de pardonner sa trahison que seule la lâcheté lui avait dictée.

Macky eut ses propos : «Karim m’avait dit : ‘’Mara est fini’’, et je pensais qu’à ton retour, le Président allait te couper la tête, définitivement.»

Puis suivirent ses suppliques pour que je maintienne ma proposition de faire de lui le ministre de l’Intérieur. Ce que je fis contre l’avis de tous les amis.

Plus tard, César écrit ceci : «Pompée ! Nous devrions bien, toi et moi, mettre fin à notre différend. Les pertes subies devraient nous servir de leçon et d’avertissement suffisant pour en craindre de nouvelles. Il est temps de songer enfin à la République. Le meilleur moment pour négocier la paix est celui où les adversaires se sentent encore égaux en espérances et en forces.»

Devinez qui fut le plus farouche opposant à ces retrouvailles entre tous les Romains, parents, compagnons d’armes que la guerre civile avait un moment séparés. Titus Labenius bien sûr. Celui qui avait trahi César pour Pompée et qui devait craindre plus que tous la paix. «Il n’est pire ennemi que celui qui fut votre ami.»

Labienus a hurlé : «Cessez donc de parler de la paix ! Elle ne saurait être faite entre nous qu’au prix de la tête de César.»

Je donne ce conseil à Macky : «Concentre-toi sur les inondations et l’assistance aux populations sinistrées dont votre acharnement à me détruire vous avait détournés des priorités depuis presque deux ans.

Concentre-toi sur le sort des paysans, le fonctionnement normal de notre système de santé, le désenclavement de la Casamance, le respect du calendrier électoral, socle de notre démocratie,… Plutôt que de tourner les pages d’une histoire «Wade-Idi», écrite à ton insu et qui te dépasse.» Gare aux flots qui sont aptes à noyer et rendre vaines les œuvres des traîtres. Car «Allah n’aime pas les traîtres». Moi non plus.

Idrissa SECK – Maire de Thiès – Ancien Premier ministre

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