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LES M’BAPATES

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LES M’BAPATES
(De Paris-Dakar 24 octobre 1950)
Le soir, à la douce lumière d’une lampe électrique, à Santhiaba, aussi bien que dans différents quartiers de Rufisque, l’on suit avec passion le spectacle joyeux des luttes nocturnes « M’Bapates»
– Les « M’Bapates » se déroulent en un moment donné de l’année : celui où les cultivateurs sont presque entièrement libérés des travaux des champs, alors que les cultures touchent à leur fin, que l’on consomme déjà niébés, arachides « sakhayayes » ou des premiers semis et que les épis de mil se dorent.
C’est le moment où la disette fait place à l’abondance.
Aussi dans les coins les plus reculés de la brousse, la nuit au clair de lune ou à la lumière de torches, les familles paysannes se réunissent-elles sur la place du village et mesurent la force de leurs enfants. C’est au moment ces « M’’Bapates » que l’on peut mieux apprécier la lutte, sport essentiellement, africain auquel s’adonnent aussi bien le Bambara, le Sarakolé, le Socé que le Ouolof.
La nuit durant. les combats se succèdent. Mais, c’est tout le contraire de ces spectacles fameux auxquels on assiste les dimanches dans les arènes de Dakar ou d’ailleurs, ces combats sans réserve que se livrent nos champions et où tous les moyens sont permis: le poing nu, le coup de griffe ou de dent et même l’emploi de la poudre de piment dans les yeux de son adversaire.
Cependant c’est dans les rencontres amicales des «M’bapates» que se découvrent les futurs champions sénégalais. Soulignons qu’ici, ils luttent sans risque aucun, parce-que il est fortement interdit d’agir avec brutalité.
Les prix de leurs efforts sont le chant élogieux des filles formant cercle autour d’eux; le gage de leur combativité, le pagne reçu de l’aimée.
Et jusqu’à l’aube nos jeunes lutteurs ne se ménagent point. A chaque victoire, c’est un hurlement d’enthousiasme poussé par la nombreuse foule en délire. C’est pourquoi le soir fuyant les cases trop chaudes et l’agacement des moustiques l’on ce rend de quartier en quartier, applaudir les joyeuses «M’bapates».
Article signé: Sene Wassoulou.
facebook: Lorenzo Italia

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