Les infrastructures

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Longtemps perçue comme un outil d’accessibilité pour les échanges commerciaux et mondiaux dans un environnement international en pleine mutation, l’infrastructure de transport reste l’un des piliers du développement.

Compte tenu des défis liés à la mondialisation, l’Afrique en général accuse un retard considérable du développement de ses échanges régionaux en raison notamment d’un secteur des transports qui s’est très fortement dégradé durant les années 80.

A l’instar des autres pays du continent, le Sénégal a traversé, durant cette période, une profonde crise économique qui n’a pas permis de réaliser les investissements nécessaires pour faire face à une demande d’infrastructures en forte croissance. Une situation qui a profondément freiné les efforts d’intégration des régions rurales et des populations aux activités de développement économique et social.

Dés le début des années 90, certaines décisions sont prises par les autorités pour y remédier :

L’adoption, en 1990 de la première lettre politique sectorielle pour le transport pour favoriser la mise en place d’un environnement propice à l’amélioration de la qualité des infrastructures et renforcer l’appui que le secteur apporte au reste de l’économie;

Le premier programme d’ajustement sectoriel des transports (PAST1) qui permettra de restaurer les capacités des infrastructures de transport et modifier le mode de gestion du secteur avec l’intervention des Entreprises privées dans l’entretien des infrastructures;

L’adoption, en septembre 1996 d’une lettre politique sectorielle pour le transport urbain pour assainir le secteur par la mise en place d’un cadre réglementaire plus apte à promouvoir une saine compétition entre les différents acteurs et améliorer la qualité des interventions de l’Etat dans la gestion des infrastructures de transport urbain;1(*)

L’adoption, en 1998 d’une seconde lettre politique dite « Déclaration de politique sectorielle pour les transports » et la mise en oeuvre d’un Programme Sectoriel des Transports (PAST2), en 1999, pour consolider les acquis du PAST1 pour que le secteur des transports puisse assumer son rôle de soutien à l’activité économique et sociale.2(*)

L’adoption en septembre 2002, d’une Stratégie Nationale de Transport Rural (SNTR) pour mettre en place un système adéquat de transport qui offre aux populations rurales la possibilité de sortir de leur isolement, considéré comme un des facteurs déterminants de la pauvreté.3(*)

Important est de noter que depuis 2000, les efforts pour le redressement du secteur se sont encore accentués avec, notamment, la refonte du dispositif institutionnel de gestion des transports, l’extension et la modernisation des infrastructures.

Pour autant, et en dépit de ces efforts, la situation est loin d’être ajustée et beaucoup de questions restent encore pendantes, et cela au moment où les performances économiques et financières enregistrées ces dernières années restent encore insuffisantes pour atteindre un taux de croissance d’au moins 7% nécessaire pour créer suffisamment d’emplois sur le marché du travail, d’améliorer significativement les conditions de vie des ménages et de réduire la pauvreté de moitié en 2015