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Les Elections au Sénégal

Les élections au Sénégal concernent la désignation du président et celle des députés au niveau national, ainsi que les conseils régionaux, municipaux et ruraux des différents collectivités territoriales issues de la décentralisation du pays.

Si le pays vote depuis 1948 (il ne s’agissait alors, sous le régime des comptoirs, que d’un privilège réservé aux blancs et à leurs auxiliaires) et s’il inaugura le multipartisme partiel en 1974 (quand le PDS d’Abdoulaye Wade accepta un curieux statut de parti de contribution et non d’opposition), suivi d’une élection véritablement pluraliste en 1978, il n’en demeure pas moins que la patrie si chère à Senghor est toujours sujette aux crispations à la veille de chaque scrutin majeur. En 1988, le même Abdoulaye Wade, donné vainqueur par la rue, refusa de reconnaître une défaite officiellement actée.
S’en suivra un long bras de fer, des émeutes, des voitures calcinées et une année blanche pour en venir finalement à un gouvernement d’union nationale où l’opposant de toujours, nommé ministre d’Etat, obligera le président d’alors, Abdou Diouf, à de larges concessions. Le fruit était mûr.

En 1999, le pays de la Teranga, défiguré par 19 ans d’ajustements structurels et une brutale dévaluation, allait connaître sa toute première alternance. Les socialistes passent la main aux libéraux. Mais très vite, le nouveau président, plus expansif que son prédécesseur, allait révéler la grande faille de la démocratie sénégalaise: la faiblesse des institutions législatives et judiciaires par rapport à l’exécutif. La vieille tare traînée depuis 1962 avec le passage du régime parlementaire au régime présidentiel, refit surface.
L’hyper-présidentialisme de Wade posait les limites d’un parlement nommé en partie par le président de la république, lequel préside également au Conseil supérieur de la magistrature et à discrétion, sur toutes les nominations sans obligation de rapport de non objection. Bref, la collision entre les 3 pouvoirs, régulièrement dénoncée par la société civile sous Abdoulaye Wade, reste plus que jamais d’actualité sous Macky Sall, élu en mars 2012 lors de la seconde alternance politique du Sénégal et, à tout point de vue, plus enclin au dirigisme qu’au consensus.