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LE SYSTÈME POLITIQUE DU DJOLOF

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LE SYSTÈME POLITIQUE DU DJOLOF

Le Djolof, situé tout au cœur du Sénégal et qui est à l’origine de l’Empire, ou Fédération politique, ayant unifié en son temps l’essentiel du territoire du Sénégal actuel en un Royaume Uni, se présente, constitutionnellement, comme une Monarchie élective, fondée sur un régime d’État à forte caractéristique parlementaire. Il dispose, à sa tête, d’un Exécutif bicéphale, reposant principalement sur l’institution dyarchique d’un Roi héréditaire, ou Bourba-Djolof, doublé d’un Chancelier populaire, ou Djarâff-ju-Rëy. Ce dernier, issu du Peuple des indigènes natifs du Sol national, est rendu inamovible dans ses charges, concurrentes à celles du Roi, désigné Chef de l’État, et porté à la tête du Conseil national des parlementaires Djâmbour, représentatifs des notabilités foncières en provenance des différentes collectivités rurales des terroirs du pays. Supervisant toute la magistrature à la tête de l’État, le Chancelier d’État, ou Grand-Djarâff, contrôle tous les actes de gouvernement que pose au quotidien le Roi, qu’assiste son chef de Cabinet exécutif, ou Grand-Farba, autorité paramilitaire issue du corps des « Serviteurs de la Couronne », en charge de la Sécurité générale du Royaume et de l’administration des groupements minoritaires ou allogènes.
La société, dans son ensemble, est alors stratifiée en statuts opposant entre « Géér » et « Ñééño », d’une part, et en classes opposant entre « Gorr » et « Jàam » de l’autre. Les « Géér » se subdivisent pour leur part en trois ordres distincts : d’abord les « Garmi » (1), gens qualifiés par le double critère de noblesse royale, en leur filiation bilinéaire ; puis les « Jàmbur » (2), seigneurs laïcs (Céddo) ou religieux (Sëriñ), issus généralement des anciens feudataires, ou d’une simple noblesse princière héritée en filiation unilinéaire, soit en qualité de simple « Doom i Buur » ou de « Tàññ » ; enfin les « Bàdoolo » (3), gens libres, identifiés comme paysans (bay-kat, mool, sàmm et jëgg). Les « Géér » et les « Ñééño » forment alors les deux strates distinctives des « Gorr », séparées entre eux par une hiérarchie de statuts opposant la condition de naissance issue d’une double extraction libre, de celle issue de l’assimilation ou de l’affranchissement.
Les « Ñééño » se subdivisent quant à eux en triple genres dits des « Jëff-Lékk » (artisans), des « Baw-Lékk » (poètes, archivistes) et des « Sab-Lékk » (chanteurs, musiciens) ; la catégorie dite des « Ñoolé » constituant, pour leur part, un genre intermédiaire entre « Ñééño » et « Géér », dont l’origine de leur condition héréditaire serait consécutive à une corruption corporelle transmise par voie d’un cadavre ancestral. Quant à la classe subalterne qualifiée « Jàam » : elle se subdivise essentiellement en catégories dites « Jàam-Juddu » (valets de naissance) et « Jàam-Sayoor » (valets de traite), avec une strate supérieure, dite « Jàam-Gallo » (Valets de Couronne), d’extraction paternelle Céddo, mais issue d’un lointain matrilignage d’origine « Jàam », transmis dans leur filiation utérine à travers leur statut héréditaire et relevant d’une propriété exclusivement royale ; statut rendu non cessible par voie d’héritage successoral privé, mais intégré depuis longtemps dans le Domaine commun de la Couronne au service d’office de l’État.
I. La légitimité royale du Bourba-Djolof

A la tête du Djolof est porté ainsi un Prince héréditaire, investi comme Chef d’État et Roi constitutionnel, désigné sous l’appellation dynastique de « Bourba-Djolof ». Il est choisi au sein du Clan des « NDIAYE », porteur du blason royal au totem du Lion, symbolisant l’illustre Ancêtre, NDIADIÂNE-NDIAYE, fondateur légendaire et charismatique de la Nation Wolof. Il doit être issu alors, de par sa naissance, d’un lignage authentique pouvant remonter directement jusqu’à la souche dynastique royale de l’Ancêtre NDIAYE, à travers ses différentes branches, dérivées en filiation paternelle légitime, par une longue chaîne de transmission généalogique, non interrompue sous forme d’une naissance accidentelle (bâtarde).

Par ailleurs, il doit être issu, en sa filiation maternelle, d’une souche pure et immaculée de toute extraction serve pouvant se justifier par l’appartenance en des matrilignages connus et remontant, pour le moins, à six générations utérines libres et, pour le plus, jusqu’aux anciennes souches dynastiques princières dites « Garmi ». Cette pureté de naissance, ainsi ancrée généalogiquement jusqu’à la source de l’Ancêtre fondateur national, étant le critère de sa légitimité filiale agnatique reconnue en qualité de « Dôm-i-Bour », héritée successivement de ses pères par voie de bénédiction filiale, incarnée à travers sa lignée dépositaire de la continuité de chaîne de transmission royale de la Barâckat, héritée de l’Ancêtre NDiadiâne.

Hormis ce critère inné de la Bénédiction filiale, héritée par voie de naissance, en vertu d’une sainte grâce qui lui est transmise sous forme de « Barké », il doit en outre pouvoir justifier de qualités morales intrinsèques, témoignées au moyen d’un Charisme naturel, acquis en mesure de sa renommée populaire, en fonction d’une aura mystique manifestée sous forme de « Bayré ». Ce qui doit s’exprimer alors à travers des valeurs humaines décelées personnellement chez lui en terme d’honneur, de bravoure, de promptitude, de clairvoyance, de mesure, de pondération, de bienveillance, de générosité, de sincérité, de dévouement, de renoncement et de désintéressement, toutes qualités morales propres à pouvoir faire transparaître la vertu intrinsèque de noblesse.

Il doit enfin être à même de jouir de toutes ses facultés physiques et mentales, sans aucun signe extérieur pouvant être noté en marque de difformité, soit en forme de malformation naturelle ou accidentelle : toute manifestation de handicap pouvant se signaler en matière de cécité, de surdité, de mutisme, d’estropie ou de folie, voire d’impuissance physique, étant alors un facteur de déchéance personnelle contraire au bon maintien dans ses charges royales. Le Roi, une fois élu et installé dans ses fonctions politiques, devra alors justifier tout le choix porté sur sa Personne, rendue dès lors toute sacrée, par le bon Ordre universel observé dans l’équilibre et l’harmonie notés au sein de la Nature, signes de sa bonne étoile manifestée par la grâce divine, à travers notamment le présage de bonnes pluies régulières, sources de la récolte abondante et du croît fructueux du bétail.

Pour le bon entretien de la Prospérité, souhaitée durable sous son règne et dispensée avec le concours mystique des forces célestes dont il a été mis en adjonction directe au cours de tout son processus de Sacre, il doit alors partout pouvoir assurer la Paix et la Justice dans le Royaume, au besoin par le sacrifice offert de sa propre vie, en faisant un recours ultime à la loi des armes, en cas de menace d’atteinte portée à la continuité du Royaume, à travers l’établissement de l’État, l’intégrité du Territoire ou bien l’indépendance de la Nation. A cet effet, il est établi comme Chef Suprême des Armées pour devoir assurer la Défense et la Sécurité du pays, seuls principes de Salut public qui puissent être gages de préservation d’une bonne Prospérité dans tout le Royaume. Il préside à cet effet un Conseil Supérieur de Défense et de Sécurité formé par la réunion des principaux Seigneurs Kangâme, placés à la tête des Provinces Marche-frontières, que sont le Boumy, le Beur-Läb, le Beur-Gäl, joints au Grand-Djarâff, Chancelier général du Royaume et Gardien du Domaine national, ainsi qu’au Grand-Farba, chef d’état-major particulier et Commandant de la Garde nationale. Le Conseil Supérieur se prononce alors sur toute question intéressant la déclaration de guerre, la signature de traité, la sécurité intérieure et la justice en Haute Cour.

Dans le cadre de la continuité du Territoire national dont il devient dès lors le Gardien absolu de l’intégrité, étant en charge de sa protection physique et de sa prospérité mystique, le Bourba-Djolof exerce alors partout sur la terre sa souveraineté en y prélevant la Dîme sur le dixième des récoltes : ceci soit sous forme d’une perception imposable en forme de « Gallâg », pour l’entretien permanent des armées, ou bien de versement gracieux en guise de « Âssakat », au bénéfice des marabouts. Il exprime en outre, de manière souveraine, son autorité sur tout le territoire national en y accordant des droits de dotation foncière en forme de fiefs (Lêw), prélevés sur les domaines vierges placés hors cadre de l’emprise lamanale et concédés à titre d’apanage, soit par voie de donation maraboutique, en guise de « lêw-u-sarax », ou d’attribution princière, à titre de « wé-u-fass ». De même encore qu’il accorde des parcelles de terrains, concédées en forme de « gôr-moom », au bénéfice de paysans exerçant, à titre d’usage particulier, comme fermiers établis dans le périmètre de domaine délimité d’un fief seigneurial, auparavant attribué à un prince ou à un marabout.

L’autorité suzeraine qu’exerce dès lors le Bourba-Djolof sur toute l’étendue de la Terre du Royaume (Suuf-as-Buur), vient seulement se superposer aux droits coutumiers détenus anciennement par les Lamâne, à travers les prestations en versements d’offrandes, tirées sur les prémices des récoltes (ndàalu). Sur tout le reste de l’espace ouvert par le feu du lamanat, laissé encore non déboisé et à l’état de nature, mais qu’il supervise à titre formel, le Lamâne ne pouvait y exercer qu’une simple gérance hypothétique, pour l’autorisation d’installation qu’il en a reçue de la part des génies de la forêt, en vertu de son droit primordial scellé par l’allumage du feu. Ce qui demeurait alors une simple convenance contractuelle établie en forme de coutume et ne liant pas le Roi, mais pour seulement témoigner alors de son antériorité d’établissement sur les lieux, suite à cette forme de pacte invisible scellé avec la nature et l’autorisant primitivement à pouvoir procéder à l’allumage d’un feu de brousse dans le domaine sylvestre trouvé alors en l’état vierge.
Suzerain de toute la Terre réunie, le Bourba-Djolof est rendu alors comme l’héritier unique du droit de Feu anciennement détenu par les Lamâne, avant la réunion de toutes les terres du pays, fédérées en un seul Territoire national, au moment de la fondation du Royaume, et incarné dans le cadre de l’État que symbolise la personne du Roi. Il exerce dès lors seul le pouvoir souverain d’appropriation d’une zone de terre quelconque, pouvant être concédée à titre de fief domanial, par l’allumage autorisé d’un Feu de brousse, ordonné au bénéfice de toute autorité lignagère venue s’installer dans le pays, en qualité de « Lamâne-bitti-Rééw », avec toute sa suite de communauté migrante. Le Bourba-Djolof ne pouvant alors exercer sa souveraineté de Concessionnaire général sur tout le Territoire rendu de Domaine national, que dans les zones pionnières demeurées encore vierges de toute emprise primitive, placée de ce fait hors de la tutelle administrative directe d’un Djarâff de terroir, agissant ainsi pour le compte d’un Lamâne, dans le cadre des limites de marquage concret établi par un feu de brousse.

II. La légitimité populaire du Grand-Djarâff

Le Lamâne, en retour de garanti du privilège acquis d’avoir été promu comme nouveau gardien éminent du Sol, après l’allumage du feu de brousse qui lui fut autorisée de la part des génies, devait procéder alors, en contrepartie, à des sacrifices rituels d’immolation de bétails, et cela annuellement, pour ainsi conjurer les esprits de la nature, avant les vents d’hivernage, et préparer en même temps des offrandes en galettes de mil, à partir des prémices de gerbes prélevées des premières récoltes, afin de sanctifier leur nourriture obtenue sur l’usufruit de la terre. Celles-ci, versées par les tenanciers agricoles, titulaires du droit d’usage de la Hache, à titre de « ndàalu », au Lamâne superviseur du domaine foncier en vertu du droit autorisé du Feu, étaient généralement perçues sur chaque unité de parcelle de champ cultivé, une fois concédée en lopin de terre à de tiers paysans et attribuée à titre d’usufruit foncier, lors de leur découpage à partir de l’espace du sol délimité par le feu (« daay »), rendu de ce fait alors imprescriptible, en vertu de l’effort personnel de travail effectué à la hache (« ngàju »).

C’est alors seulement par l’exercice concret du travail de la hache, effectué sous forme de marquage d’empreinte laissée visible sur le domaine propre qu’il a lui-même fondé et contribué à travailler, en y exerçant ainsi son autorité de fait, que le Lamâne pouvait être considéré en droit comme « propriétaire » attitré du sol qu’il occupait avec toute sa parentèle et clientèle familiales. Mais ceci sous réserve de l’usage restant toujours collectif de ces terres à lui confiées en gérance, à titre de patriarche familial, et devant demeurer de ce fait, pour toujours, indivis et inaliénables entre ses mains ; ceci sans aucune possibilité de mutation, soit par voie de vente, d’échange, de donation ou d’héritage individuel ; excepté tout au moins pour les formes, soit de prêt gracieux ou sur usage rémunéré, ou bien d’un placement mis en gage à la suite d’un emprunt ; formes qui maintiennent ainsi toujours intacts les droits du tenancier sur sa propre tenure foncière.

S’il arrivait parfois, dans les cas de concessions royales de domaines octroyés à des tiers, seigneurs ou paysans, de pouvoir constater quelques violations d’emprises foncières notées de la part du Souverain, plus particulièrement sur les domaines placés sous contrôle personnel des Lamâne et établis dans leur propre espace de délimitation du Feu ; c’était seulement alors parce que ceux-là n’exerçaient leur droit de propriété éminente que sur leur espace d’emprise immédiate qu’ils avaient eux-mêmes contribué à déboiser et faire défricher par les soins de leurs proches parentèles. Les Lamânes, assistés alors par les Djarâff de leur propre terroir, exerçaient leur juridiction coutumière directe sur leurs groupements de familles, à partir du centre rural de leur village pilote, ainsi que sur le reste des chefs de villages satellites, ou « boroom-dëkk », qu’ils eurent installés sur leur domaine de contrôle foncier, fondé sur leur droit naturel reconnu en qualité de maître du Feu, ou « boroom-dàay » ; les chefs de villages satellites étant alors reconnus pour leur part comme les maîtres de la Hache, dits « boroom-ngàju », qui eurent fondé leur localité par leur propre effort d’essartage produit à la Hache, dans le découpage de leurs parcelles de terrain effectué sur toute la surface de zone pouvant couvrir à la fois leur domaine d’habitat et leur domaine de culture, dans le cadre délimité de l’espace naturel auparavant ouvert par le feu de brousse primordial.

Les Djarâff, qui furent établis alors comme juges de paix à la tête de chaque village pilote se situant au centre rural de ralliement d’un cercle de terroir, étaient désignés sur la base de leur compétence juridique, pour l’administration des affaires liées aux problèmes de concession de terre et l’arbitrage en même temps des contentieux civils pouvant survenir entre les chefs de village (boroom-dëkk) ou les chefs de famille (boroom-kër) et maîtres de champ (boroom-tool) ; ceci sous la haute supervision des Lamâne, doyens d’âge des lignées ayant primitivement fondé le terroir et étant chargés à ce titre de présider le collège de l’assemblée locale des notables (djâmbour) réunissant les différents chefs de village et de lignage au siège de conseil (pênthie) du chef-lieu de chaque terroir. Si le Lamâne était bien désigné alors comme le chef reconnu du terroir, en vertu du principe de séniorité de l’âge au sein du lignage de l’ancêtre fondateur ; le Djarâff qui lui est affecté d’office comme juge, l’était alors plutôt pour ses compétences dans la maîtrise des coutumes juridiques, expérimentée en matière civile et foncière.

A la tête de tous les Djarâff du pays était investi alors un Grand-Djarâff, dit Jaraaf-ju-Rëy, issu du cercle restreint des principales notabilité Djâmbour siégeant depuis les collectivités locales ; il est désigné auparavant sur une liste générale de cooptation, dressée à partir du collectif des différents Djarâff locaux, après avoir été promu au rang de Djarâff supérieur, pour avoir chacun longtemps fait leurs preuves comme Djarâff de terroir. Investi sur la base de cette liste générale des Djarâff qui furent portés à la direction administrative de chaque centre de terroir rural où sont cooptés ensuite les Djarâff supérieurs, désignés pour assister les chefs Kangâm (seigneurs ou princes) dans la justice et l’administration de leur Canton, le Grand-Djarâff est alors choisi en leur sein, à partir d’une liste restreinte des Djarâff-Djambour. Désigné pour devoir seconder le Bourba-Djolof dans l’administration générale de l’État et la magistrature de la Haute Justice, sur la base de deux sièges concurrents de localités précises, il préside à ce titre la Cour Suprême de Magistrature des Djarâff, instituée comme le Grand Conseil national des Djâmbour où se discute tous les problèmes importants du pays, liant les intérêts particuliers des différentes collectivités locales en rapport avec les nécessités de l’État.

Le Grand-Djarâff, représentant national de tous les Djarâff-Djâmbour du pays, tient alors sa légitimité populaire directement des Lamâne, premiers occupants du pays et gardiens éminents du Sol national qui l’eurent ainsi mandaté à la tête des collectivités foncières primitives, cela au nom des communautés de chaque terroir ayant été délimité, antérieurement à la fondation du Royaume, par les limites établies par un feu de brousse primordial. Choisi en permanence entre deux Sièges de notabilité précises, traditionnellement désignés au sein des grandes familles des « DIAW » et des « DIÊNG », cela concurremment et en alternance entre elles, le Grand-Djarâff est alors installé à vie dans ses charges officielles, en succession directe de son prédécesseur décédé ; désigné en cela automatiquement et par investiture d’office du principal Djarâff, titulaire en siège de l’une des deux Cités concurrentes de NGrâff (fief des DIÊNG) ou de Loûy (fief des DIAW), alors à ce moment placé en tête de la liste nationale de toutes les notabilités Djâmbour du pays. Il est ainsi aussitôt reconnu de fait, en qualité de principal Postulant concurrent au Siège de Grand-Djarâff, reconnu pour être son premier Assesseur au poste et désigné à ce titre, du vivant même de son prédécesseur, comme son Suppléant potentiel immédiat en position de pouvoir lui succéder à la Haute Magistrature de l’État.

Le Grand-Djarâff, une fois installé d’office dans ses fonctions à la tête de la Cour Suprême de Magistrature des Djarâff, est chargé alors de présider le Grand Conseil Souverain des Djâmbour du Royaume, dit « NDjênki », organe constitutionnel inamovible qui contrebalance les pouvoirs du Roi, jouant à la fois le rôle institutionnel d’un Conseil d’État, ainsi que d’une Cour suprême de recours en matière judiciaire et administrative, chargée en outre de l’assister dans toutes les affaires politiques générales, notamment en matière de lois, de traités, de guerre, de sécurité et de fiscalité. Assisté de leurs conseils avisés, le Grand-Djarâff préside tout le Congrès national des Hommes libres (Djâmbour) formé par le Sénat des patriarches Lamâne et chefs de terroir, représentants les chefs de famille des différentes communautés fondatrices des villages, élargi aux communautés mixtes de fief maraboutique et aux principales collectivités pastorales nomades, dont il arbitre tous les conflits internes en matière de sang, de terre ou de bétail.

Dans sa mission à la tête de cette haute juridiction, le Djarâff-ju-Rëy se fait seconder par le Djarâff-Satlé, choisi lui au sein du lignage des « SÔCK » et désigné comme le Premier Procureur élu du Peuple, chargé de plaider annuellement toutes les plaintes publiques émises contre les hauts dignitaires du régime ; ainsi que du Djârno, dit « Nyâck », Gardien de la Protection mystique entretenue autour de la Demeure royale et Doyen désigné parmi les « SARR » pour être Porte-parole du Conseil, qu’il convoque, à l’occasion, en ouvrant lui-même les débats et chargé ensuite de publier les comptes rendus et annonces officielles qui en sont issues ; du Djarâff-NDôj, Maire de l’Autel royal, Gardien dépositaire de la Pierre du Sacre et en charge de la cérémonie du Baptême royal, choisi lui parmi les « DIOP » ; du Beujêck, Prêtre déclarant officiel du Nom caché de Baptême du Roi et Gardien de son Esprit vital, choisi parmi les « GUÈYE » ; du Gnôlé, Premier Palefrenier fournisseur de la Monture consacrée de l’Investiture royale, choisi de même parmi les « GUÈYE » et désigné comme le Gardien de sa Route ; enfin du MBôkk, choisi pour sa part parmi les « BÊYE », désigné Gardien du Feu consacré et du Foyer royal.

III. L’élection royale

Le Grand-Djarâff, étant élevé comme le second personnage de la Magistrature au sein de l’État, exerce, de ce fait, l’intérim à la mort du Souverain et pourvoit en même temps à sa succession par la voie de l’Élection qu’il organise durant l’interrègne, avec le concours des membres du Conseil restreint des Sept Djarâff-Djâmbour, siégeant au sein de l’organe institutionnel du « NDjênki » où il garde une voix prépondérante en cas de parité observée dans les votes (3/3). En cas de décès annoncé du Roi, le Grand-Djarâff est alors le premier informé en haut lieu, par les soins du Fara-biir-Kër, Intendant général du Palais, que saisit alors le Bëkk-Néég, Premier Chambrier du Roi, en cas de mort naturelle survenue sur son lit durant son sommeil. Il s’empare alors de fait des Tambours royaux, emblèmes officiels de la Souveraineté nationale et du Commandement militaire auprès du corps constitué des « Valets de la Couronne », en exerçant alors d’office l’intérim à la tête du pays.

Tout en ordonnant immédiatement de faire procéder à l’inhumation secrète du Roi, le Grand-Djarâff, avant d’officialiser un peu plus tard l’annonce publique du décès royal, fait organiser ensuite l’enterrement symbolique du corps du défunt, personnifié alors par un linceul recouvrant tout l’assemblage de ses talismans, accompagné par la procession d’un long cortège funéraire, placé sous l’escorte de convoi de toute la suite des serviteurs du défunt. Le Grand-Djarâff, dès lors cette tâche officielle accomplie, pourra ensuite hériter de droit du cheval, de la lance, ainsi que du lit et du mobilier de chambre du roi défunt, qui seront rétrocédés à son héritier ou successeur, seulement sur paiement de sa part, une fois celui-ci installé dans ses nouvelles charges. Entre temps, les anciens Tambours royaux auront résonné continuellement durant les Huit journées du Deuil national décrété pour les funérailles du Roi défunt, jusqu’à l’investiture officielle de son remplaçant sur le Trône qui alors, une fois installé, en crèvera lui-même les anciennes peaux de consécration mystique pour en forer de toutes neuves.

A l’annonce d’ouverture de la vacance du Trône, les postulants qui se sont présentés dans leur candidature à la succession, ne seront retenus officiellement comme « Lâwax » (prétendants légitimes) qu’après étude comparée de cas de toutes les autres candidatures qui se seront déclarées en terme de légitimité concurrente, compte tenu de l’ancrage de leurs filiations aux principales Maisons royales, soit de « Keur Lat-Samba » ou de « Keur Guiräne », voire d’autres Maisons dérivées des premières et qui se sont par la suite formées, à l’instar de « Néég Boury-Gnäbou » ou de « Keur Biräm-Pênda », voire ailleurs en provenance d’autres Maisons princières, suivant les circonstances politiques de refondation dynastique qui leur auront alors été favorables en terme de légitimité acquise. Une fois les candidatures retenues par le Conseil des Sept Grands-Électeurs, mandataires du Congrès national constitutif des parlementaires Djâmbour, après rejet de toutes les candidatures parallèles, jugées pour leurs carences ou lacunes notées, s’en suit alors une première délibération des Hauts Magistrats Djarâff, réunis en Collège restreint à ouï-clos, à Dêdi-Gééj, suivi ensuite d’une première déclaration de résultat provisoire, délivrée à NDôj, au sortir de leur conciliabule secrète.

Au terme de l’accord consensuel émanant du Concile des Sept Grands, le choix des Djarâff-Djâmbour porté sur le candidat désigné par eux, à la majorité de leurs membres, est alors ensuite soumis, pour approbation définitive, aux principaux Officiers généraux Farba, commandant au corps militaire du « NGallo », constitutif des Valets de la Couronne ou « Jàam-Gallo ». Ceux-ci, jouissant alors d’une autorité consultative exercée auprès du Conseil parlementaire du NDjênki, lorsque cet organe politique se réunit en assemblée délibérante pour procéder à l’Élection royale, peuvent à ce moment leur opposer un droit de veto, par demande de recours ultime sur renvoi de la décision prise par ses membres. Ce veto pouvant alors entraîner de fait la radiation définitive du candidat proposé à l’élection, en attendant un nouvel accord mutuel sur un autre profil de candidature désigné au final, après approbation définitive du Conseil des Djarâff-Djâmbour, en parfaite entente avec les membres du Commandement militaire des « Jàam-Gallo ». Après seulement leur accord donné sur le choix définitif du candidat proposé à l’Élection, ceux-ci auront seuls la charge, par la suite, d’en faire la publication officielle et de pourvoir, en même temps, à son escorte personnelle, après lui avoir témoigné publiquement leur acte d’allégeance loyale et de fidélité.

Le nom du candidat élu, une fois établi suite à un accord unanime entre les principaux représentants du Parlement (NDjâmbour) et du Commandement (NGallo), les personnages des Djarâff-Satlé et Djârno, désignés tous deux au nom du Conseil des Sept, sont alors aussitôt mandatés pour devoir informer le prince sur qui le choix aura été porté, venant l’indexer du doigt, au milieu de tous ses ouailles, en lui disant : « NDaw NDIAYE ! » (Le Tout Élu NDIAYE) Formule d’annonce officielle déclarée de la bouche du Djarâff-Satlé, avant qu’on ne lui remette par la même occasion, pour sa consécration officielle, le Sceau de son investiture scellé par le port du grand Bracelet royal d’argent, fourni des mains du Djârno le tenant en son poignet droit pour le lui enfiler. Il lui fait alors en même temps entendre, séance tenante, la proclamation officielle des Sept prérogatives royales attendues de lui durant tout son règne, scandées au rythme de baguette du petit Tambour d’aisselle du Maître Mâbo, du Clan « KOUMÉ » issu de l’ancêtre Sitâkh, battant les Sept Coups de l’Investiture rituelle, lui disant alors : de ne plus revenir sur sa parole une fois prononcée (1), de ne plus reculer de son pas une fois engagé pour le combat (2), de ne plus se promener tout seul loin de son entourage (3), de ne plus se nourrir tout seul isolé de ses courtisans (4), de favoriser la sainte Bénédiction au pays (5), de lui faire jouir du Bonheur prospère (6) et enfin d’être en tout et toujours un Souverain juste et éclairé (7).

Le Prince élu est ensuite acheminé nuitamment jusqu’au puits sacré de NDôj, ou bien de préférence alors jusqu’à l’étang de Yanôré, situé à Thiêngh, ou celui de MBây, situé à Warkhôkh, pour y subir la cérémonie officielle de son bain de Sacre, à partir de la Fosse dite de « NDjâssêw », creusée et aménagée par le soin de Sept serviteurs, personnellement choisis dans la domesticité intime du candidat élu, avant d’être remplie ensuite de saintes eaux, recueillies sur le cours des rives de MBênguène-Bôye, au Wâlo, puis mêlées à des semences de mil, de haricot, de coton, de pastèque, de pièces de cauris, de racines, d’écorces et de morceaux de bois d’ébène, par les soins officieux de personnes désignées expressément parmi les clans antiques des « SARR » et des « BÊYE » ayant les premiers bâti le Logis sacré de l’Ancêtre NDiadiâne, après sa capture au sortir des eaux. L’Élu, s’étant vêtu alors d’un simple pagne et d’un par-dessus de voile drapé en toge blanche, après s’être tenu un moment juché au sommet d’une immense Monticule de terre (Djâl), érigée en forme de butte, amoncelée à l’aide de plusieurs puisées de portions de motte de terre qu’on eut collectées à l’aide de calebasses sur les différents champs cultivés dans tout le pays, plonge ensuite dans la Fosse creusée, suspendu à l’aide d’un grand panier cylindrique (Sêndal).

Il en ressort après pour s’asseoir sur la Pierre sacrée, tout tourné vers l’Est, en face d’un grand Feu allumé par les soins du Gardien coutumier « MBôkk », le temps de pouvoir être tout à fait asséché par la chaleur du brasier. Des graines de différentes plantes cultivées dans le pays sont ensuite semées sur les rebords de la Fosse humide, au sortir de son bain de Sacre, par les soins d’office de Quatre Prêtres désignés tout spécialement dans certaines familles, pour devoir présager ainsi de la nature du futur règne, à partir de leur mode de croissance observé au bout d’une huitaine de jours. Puis l’Élu est ensuite aussitôt juché sur la Monture du Sacre pour devoir ainsi être acheminé au matin, sans plus tarder, jusqu’à la Demeure sacrée, conduit sous la bonne diligence de la Garde nationale, au son battant des tambours d’aisselle jouant l’Hymne royal du « Furré-Akalâw », sous les chants des trouvères accompagnant alors l’escorte de son convoi officiel. Une fois arrivé à destination, il devra alors offrir un cheval à la femme qui lui aura fait boire la première, ainsi qu’à sa griotte attitrée, choisie et désignée comme sa « Kallâdo », qui aura abreuvé ensuite son cheval. Au bout de Huit Jours de réclusion mystique (Dâmb) passée dans une Case consacrée où il est mis en ancrage de connexion étroite avec tous les esprits tutélaires et gardiens sacrés du Royaume, le Prince tout élu est présenté ensuite au Peuple par le soin des Sept Djarâff représentant tous le corps de notabilité des Djâmbour, après qu’il leur eut payé auparavant son Droit de Location officielle de toute la Terre du Royaume (Djëgg) sous forme du versement d’un cheval offert à chacun d’eux.

Au bout d’une Quarantaine de soirées, faites de grandes festivités populaires passées en veillées culturelles, le nouveau Roi entre alors dans ses nouvelles charges publiques en décernant officiellement les différentes nominations civiles et militaires de son Commandement territorial et sur lesquelles il s’est déjà auparavant entendu avec le Grand-Djarâff, Magistrat d’État désigné à vie pour rester toujours inamovible dans l’exercice de ses charges à l’avènement de chaque Roi pour le parrainer. Pouvant faire élire le Roi, sur la base des candidatures concurrentes déclarées par les princes issus de différents partis familiaux, il pourra éventuellement aussi le faire destituer, en faisant ordonner de battre contre lui le Tambour nocturne du « Djîne » de bannissement, sinon alors déclencher une confrontation armée directe, pour arbitrage avec un autre prétendant rival venu se déclarer et se mesurer à lui. Aussi, en cas d’excès de pouvoir manifesté de sa part, ou bien de faiblesse notée dans l’inertie de ses prises de décisions, ou encore de déséquilibre écologique observé dans l’ordonnancement régulier au sein de la nature, ou enfin de carence accidentelle apparue dans son intégrité physique personnelle, le Roi est alors aussitôt démis de ses charges et remplacé par un autre prétendant pouvant ainsi justifier de toutes les qualités nécessaires requises pour l’exercice de la Royauté.

IV. L’organigramme politique

L’organigramme politique général du Djolof, dans son ordre déterminé des préséances, présente alors comme principal dignitaire placé à la tête du Royaume, le Grand-Djarâff (Jaraaf-ju-Rëy), venant en rang protocolaire juste après le Bourba-Djolof. Tous les actes quotidiens que pose dès lors le Roi, durant toute sa magistrature politique, sont placés alors sous le contrôle étroit et permanent du Grand-Djarâff qui prononce à ce titre toutes les hautes nominations officielles décernées par le Souverain aux différentes autorités en matière civile et militaire. C’est lui qui contresigne les traités négociés avec l’Étranger, après leur ratification officielle par le Roi ; qui autorise la déclaration de guerre, après décision unanime prise au sein du Conseil Supérieur de Défense et de Sécurité réunissant les principaux Kangâme placés à la tête des Provinces érigées en Marche-frontières ; qui commande à l’Armée nationale formée par le corps de la Milice populaire, levée soit sur le dixième des paysans valides appelés en mobilisation générale, en cas d’offensive armée, ou sur la moitié de leur effectif total, en cas de levée de masse décrétée pour une guerre défensive.
Établi comme le Chancelier du Territioire national, à l’échelle de tout le Royaume, le Grand-Djarâff est à ce titre rendu dépositaire de tout le Patrimoine du Domaine foncier de l’État, par délégation officielle des Lamâne et au nom du collectif des Djarâff locaux ; il est à ce titre le Représentant officiel de tous les magistrats du Sol, placés à la tête des différents périmètres de cadastres des terroirs et reconnu par l’assemblée générale souveraine de tous les chefs de village fondés en vertu du droit de Hache. Il se situe ainsi, sur l’échiquier politique, comme étant le seul personnage à la fois inamovible et indépendant par rapport à l’institution de la Couronne et qu’il affronte, de manière concurrente, dans ses prérogatives officielles exercées sur la terre et ses habitants. C’est lui qui distribue la terre aux étrangers nouvellement venus pour s’installer dans le pays, à titre définitif, et qui arbitre en même temps tous les litiges fonciers survenant entre les limites de domaines ruraux contigus, ou entre les voies de passage libérées pour les troupeaux de pasteurs et les espaces privés délimités pour les champs de cultivateurs ; c’est lui aussi qui, en définitive, peut déposséder tout propriétaire sur le maintien de ses propres tenures de parcelle allotie en matière de terre, en cas de manquement à ses devoirs et obligations civils envers l’État.
Le Grand-Djarâff est en charge de toute la législation sur le Patrimoine, se rapportant au droit d’usage privé en matière de terre et à la gestion d’ensemble sur le Domaine foncier national ; il a en outre la haute main sur toute la Justice populaire : à la fois celle criminelle, par saisine directe, tout comme celle civile, par jugement pris en haute instance. Les jugements civils de première instance sont alors établis par les chefs Kangâme, placés à la tête des principales circonscriptions de Canton (Toûnd), assistés par leurs Djarâff attitrés, après échec constaté dans l’arbitrage des litiges, effectué par la justice de paix des Djarâff placés à la direction des principales localités rurales de chaque terroir (Gôkh), suite à l’avortement d’une première tentative en conciliation entreprise de la part des chefs de lignage établis dans les villages des ressortissants au conflit. Le Grand-Djarâff est le juge alors en haute instance sur toutes les affaires déjà jugées en matière civile, après leur appel soumis auprès de la Justice d’État. Il est assisté dans ses jugements civils, soumis ainsi en appel de haute instance, par le Conseil Supérieur des Djarâff cooptés depuis le collège des juges de Cantons. Le Grand-Djarâff vient ainsi en position hiérarchique, dans l’ordre de la Magistrature d’État, juste après le Roi, élevé lui à la haute stature de la Magistrature suprême, comme Source morale de toute Justice et au nom de qui seul le Droit est officiellement dit et rendu après Dieu.
C’est le Grand-Djarâff qui, en matière pénale, prononce seul les condamnations à mort où le Roi ne peut faire intervenir que son arbitrage en droit de grâce, introduit seulement alors sur demande motivée de la partie en accusation, sans pour autant pouvoir annihiler la condamnation officielle formulée par l’autorité du Grand-Djarâff, mais en l’atténuant par une mesure prise de réduction pénale en esclavage, ou, pour le moins, par un bannissement à vie, avec ou sans saisie des biens du coupable. Le Roi exerçant alors lui, plus principalement, la justice en Haute Cour, pour les cas qualifiés de nature politique, soit en matière de trahison d’État, ou bien concernant plus particulièrement les hauts dignitaires de l’administration et les membres de la noblesse ; ou alors pour les cas spéciaux où il est fait directement appel à son jugement en ultime instance, soit civil ou bien pénal. Le Grand-Djarâff est secondé alors, dans sa mission officielle de Juge d’État au service du Roi, par le Djarâff-Satlé, ou Premier Magistrat Assistant, désigné comme Procureur du Peuple en charge lui de formuler publiquement, devant le Roi siégeant alors en réunion annuelle de Haute Cour, toutes les plaintes émanant des populations contre les autorités.

Après le Grand-Djarâff vient ensuite, aussitôt, dans l’ordre protocolaire de préséance, décernée à travers les nominations officielles, le Boumy, Premier Prince et héritier présomptif de l’ancienne branche dauphine impériale issue de la descendance de Djeulène-oum-Gnoul par la descendance mâle de son fils aîné, le Boumy MBagne-Djeulène. Désigné au choix discrétionnaire du Roi, principalement dans l’une des deux branches issues soit de « Keur Moussé-Koumba » ou de « Keur Mâmou-NDiaye », il est installé alors à Moûy, l’ancienne capitale de Dauphiné princière, établie comme cité de refuge politique pour tout condamné en matière pénale et où le Roi ne peut exercer aucune autorité de droit. Le Boumy perçoit, à titre d’émoluments personnels pour ses charges, toutes les taxes directes de péage prélevées sur le commerce des étrangers venant en transactions dans le pays, lors de leur passage sur ses frontières, et bénéfice en outre des tributs annuels, amendes judiciaires et autres contributions diverses perçues, directement à son bénéfice personnel, sur les revenus de son propre fief de Djêwol, Principauté alors établie comme Marche-frontière Ouest du pays, situé à la porte du Cayor.

Le Boumy, qui est en charge de la conduite de la défense militaire et de l’offensive armée, a en outre comme mission principale de superviser l’organisation de toutes les cérémonies initiatiques en rapport avec la coutume rituelle de la Circoncision, organisée pour les tranches d’âges de chaque nouvelle génération montante au sein de la jeunesse laïque du pays. Ce cycle initiatique, qui a traditionnellement lieu à partir de l’âge de 16 ans, au sortir de la phase cruciale de l’adolescence, est le moment où se déroule, pour les jeunes initiés intégrés au sein du MBâr, leur première formation au métier des armes, une fois effectuée leur première sortie de stage de quatre années, passées en séjour prolongé de campagne comme bergers de troupeaux, après leur sortie du cycle d’âge de l’enfance, vers l’âge de 12 ans. Dans cette tâche de Supervision générale de l’Éducation culturelle de la Jeunesse et leur formation à la fois morale et physique, le Boumy se fait assister par le ministère principal du Bôtal, désigné au sein du lignage des « DIOP » pour sa haute maîtrise des connaissances ésotériques en matière de formules d’incantations sacrées et de cérémonial mystique. Ce dernier, exerçant alors auprès du Boumy comme Doyen protecteur et Recteur national de l’École initiatique d’entrée à la Case de l’Homme (MBâr), est secondé, dans sa mission de formation culturelle et physique de la Jeunesse nationale, par des maîtres régisseurs d’instruction initiatique, désignés au titre de Kômakh et se faisant suppléer, dans leurs tâches d’encadrement direct auprès des jeunes conscrits dits « Njoulli », par des maîtres formateurs, ou « Selbé », choisis comme instructeurs répétiteurs de l’enseignement initiatique.

Venant au premier rang des Seigneurs du Royaume, le Boumy commande, en temps de guerre, au peloton de l’armée d’avant-garde de Djêwol-Thiasdé, placée en tête de toute l’Armée de la Chevalerie nobiliaire, secondé, à son aile droite, par l’armée du Lâmdou que commande le Beur-Gäl, Comte de MBôynâne ou de Khôl-Khôl, et, à son aile gauche, par l’armée du Bakhal, commandée par le Beur-Läb, Comte de Pâss ou de NDôganou. La Milice populaire formant alors l’arrière-garde des Armées étant commandée, à titre d’Armée nationale de réserve, par le Grand-Djarâff, placé lui à la tête des différents contingents ruraux formés par les conscrits de paysans levés et conduits par leurs Djarâff de Cantons. Ce dernier est alors assisté dans son commandement de la Milice par le Farba-Pênku, placé à la tête des contingents de conscrits levés parmi les peuls du Lathié, renforcés par les contingents de troupes levées du Guêli, du NDamâss et du Panâl, que commande à leur tête le chef Ardo-NDjêngel, Seigneur nomadisant sur la Haute-Vallée du Ferlo et désigné au sein du Clan princier des « KÂ », issus du cousinage lointain avec les « NDIAYE » par le même ancêtre dynastique royal. La Garde prétorienne d’élite, dite de « Thiëngh et Warkôkh », étant commandée alors, depuis le centre des Armées, par le Farba-ju-Rëy, chef d’état-major particulier alors placé lui sous les ordres directs du Roi, Chef Suprême des Armées, qu’assiste alors dans son commandement militaire direct, le Prince Toubé, Premier Adjoint royal, désigné comme son Commandant en second.

Après le Boumy, Prince désigné au rang de Vice-roi parmi les principaux Seigneurs feudataires du Royaume, vient ainsi, aussitôt après, dans l’ordre de préséance des dignités princières, le Toubé, Prince en second, désigné comme Adjoint personnel du Roi et choisi lui parmi les membres très proches de sa famille pour devoir alors l’assister dans sa mission au quotidien et le suppléer, à l’occasion, à la direction du pays, en cas d’empêchement provisoire ou d’absence momentanée. Ce dernier, désigné Premier Adjoint royal et reconnu à ce titre comme son Suppléant officiel, est chargé, en outre, de la Supervision sécuritaire des zones sylvopastorales où transhument les chefs de hameaux des principales communautés pastorales peules, auprès de qui il perçoit, par hameau, le tribut d’une vache et d’un veau prélevés sur chaque campement nomade, lorsqu’il s’y rend en déplacement personnel, lors de sa première visite effectuée suite à sa nomination officielle, et qu’on l’y reçoit solennellement en immolant à chaque fois un taureau pour sa réception.

Parallèlement au Boumy et au Toubé, vient au même ordre de rang nobiliaire, la Reine Lînguère, Grande-Dame nommée à la tête de toutes les femmes du pays, secondée alors dans ses charges directives par la Princesse Âwo, Première Épouse royale, assistée du conseil des différentes Dames de la Cour que sont la Djêg-i-Moûy (princesse), la Djêg-i-Pâss (comtesse), la Djêg-i-MBôynâne (comtesse) et la Djê-Foulbé (marquise). Elle parraine toutes les naissances de filles et perçoit à leur baptême un versement en cadeau honoraire à titre de marraine, chargée de leur éducation jusqu’à leur célébration de mariage. Elle perçoit des amendes en cas de viols commis sur des femmes ou en cas d’adultères consentis. Elle reçoit en outre le bénéfice de quelques domaines privés, cédés en apanages durant tout l’exercice de son titre et au moyen desquels, elle veille à l’entretien quotidien des besoins de la Cour en blanchissage, cotonnade, vannerie, nourriture et autres ravitaillement domestique, à l’aide d’un important personnel de porteuses, pileuses, balayeuses, lavandières, cuisinières et fileuses qu’elle nourrit sur ses terres. Elle est gardienne en même temps du Trésor familial de son matrilignage familial, qu’elle confie alors en gestion privée à son frère germain ou oncle maternel plus âgé et encore vivant, assisté des frères aînés de chaque Case maternelle issue d’un même lignage utérin.

Viennent ensuite, dans l’ordre nobiliaire de désignation officielle des princes du second rang dits « Tâgne », par privilège d’ancienneté dans le pays, d’abord le Beur-Gäl, choisi dans la Maison des « NIANG » et désigné comme Comte, établi soit à Khôl-Khôl ou à MBôynâne, et jouissant alors en partie du bénéfice des revenus de son fief, perçus sur la base de la moitié du total des ressources prélevées sur le dixième des récoltes de son domaine seigneurial de Lâmdou, territoire qu’il commande alors comme la Marche-frontière Nord du pays, ouverte du côté du Fouta, se faisant seconder dans son administration territoriale par trois de ses cousins de même lignage que sont les Fara-Khôl-Khôl, Fara-Doundôdji et Fara-Gonâck. Puis vient le Beur-Läb, choisi dans la Maison des « NDAO », désigné comme Comte, établi soit à Pâss ou à NDôganou, et jouissant, lui aussi en partie des bénéfices de son fief, établis sur la moitié totale des prélèvements du dixième des récoltes obtenus dans le domaine seigneurial du Pâss-Bakhal, qu’il commande comme la Marche-frontière Sud du pays, ouverte du côté du Sâloum, l’administrant pour sa part, en se faisant épauler lui aussi par trois de ses cousins de même lignage familial que sont les Fara-Bakhal, Fara-NGênène et Fara-NGôm.

Vient après eux, dans l’ordre protocolaire des désignations officielles, le Beur-Gâm, établi à NGâpp comme Baron et choisi au sein d’une famille de vieille noblesse au sein des « NDIAYE » et apparentée, en parenté parallèle de filiation cadette, à la Maison royale fondatrice et pourvoyeuse du titre. Celui-ci est alors désigné en charge du contrôle de l’administration générale des deux puissants Seigneurs Kangâme féodaux précités, où il exerce, au nom du Roi, un droit de regard sur la gestion de leurs domaines de fiefs reçus en apanage et perçoit alors les redevances obtenues sur les revenus de leurs terres et reçues en partie à son bénéfice, sur la base du dixième prélevé à partir de la moitié part des collectes obtenues sur la récolte et le bétail, généralement dues à la Couronne. Viennent ensuite les différents Chevaliers prévôts institués au titre de Djambôr, dont un désigné seul à l’origine pour administrer la principale bourgade marchande de Lînguère et où il prélevait les taxes sur le marché de foire du bétail (lummä), avant de s’étendre plus tard au nombre de Deux, avec l’institution concurrente du Djambôr de Khôl-Khôl, puis de Huit par la suite et enfin de Douze Chevaliers Djambôr, désignés au final sur un total de douze localités choisies plus tard pour une régulation décentralisée du marché du bétail sur tout le territoire.

Puis vient enfin, dans l’ordre protocolaire des principaux dignitaires du Royaume, le Grand-Farba ou Farba-ju-Rëy, chef de la Garde prétorienne nationale des Valets de la Couronne ou « Jàam-Gallo », désigné au choix de l’un des deux commandants des camps militaires, entre le Fara-Thiêngh, du clan des « LÂKH », et le Fara-Warkhôkh, du clan des « FÂLL », et qui forment à eux deux le Commandement général (M’Parba) du « NGallo » royal. Dans le cadre de leur administration commune à la tête du Cabinet exécutif formant le corps du « NGallo » constitutif du Commandement royal, les deux principaux Farba de Thiêngh et de Warkhôkh qui pourvoient, tous deux concurremment, au poste de commandement général du Grand-Farba (Farba-ju-Rëy) et à celui du Farba-Adjoint (Fara-biir-Kër), sont placés sous la tutelle hiérarchique directe du Grand-Djarâff, Chancelier d’État qui, parallèlement au Roi qu’ils sont chargés de servir quotidiennement, leur donne alors ses hautes directives administratives en matière de Sécurité publique.

V. Le Cabinet exécutif royal

Désigné comme chef d’état-major particulier du Roi, le Grand-Farba administre tout le personnel de Service de la Couronne dit « NGallo », constitué principalement par le corps armé des Valets de la Couronne, ou « Jàam-Gallo », et exerce sur tous ses membres une justice en Cour martiale. Constitutionnellement, le « NGallo » qui se définit comme un corps du Service public, constitue un organe institutionnel qui se distingue à la fois de celui du « NDjâmbour », corps des électeurs du Roi, issus de la Notabilité terrienne, et du « NGarmi », corps des éligibles à la Couronne, issus de la Noblesse princière. Le « NGallo » ou corps des serviteurs de la Couronne, issus de la Chevalerie administrative, est formé alors par tout un collectif nombreux de fonctionnaires et d’officiers, constitué principalement par un personnel à la fois de soldats, de comptables, de contrôleurs, de traitants, de fermiers, de pâtres ou de porteurs, appartenant tous, à titre héréditaire, à l’administration de l’État qui les entretient à ses frais sur les revenus de plantations de ses propres domaines de réserves foncières (dâgga), et qu’ils servent à ce titre, quel que soit le Roi mis en place à leur tête, une fois celui-ci installé avec l’accord de leurs principaux chefs. Descendants des premières captives de l’Ancêtre fondateur de la dynastie, à travers les souches dites de Sândingâne, ou de Pênda-Péya, dont ils étaient ainsi issus de par leur filiation matrilinéaire directe, leur statut social héréditaire leur était ainsi transmis, au sein de ce corps constitutif, par affiliation généalogique maternelle remontant aux premières domestiques royales, issues des cuisinières (Djibêr) de la Cour de l’Ancêtre royal, à travers leurs unions matrimoniales avec les premiers palefreniers royaux (Sànth).
Les « Jàam-Gallo » formant le corps dit par ailleurs des « Jàam-i-Buur », n’appartenaient alors à personne à titre privé mais uniquement à l’État. Leur statut civil était ainsi tout à fait distinct de celui des simples « Jàam-juddu » ou Captifs de case, qui eux appartenaient de fait aux princes à titre particulier depuis plusieurs générations ; voire encore de celui des « Jaam-sayoor » ou Captifs de traite, eux alors fraîchement achetés par leurs nouveaux maîtres et pouvant être placés sur le marché à tout moment. Ils n’étaient point mis en compte au partage privé dans l’héritage des successions civiles survenant entre princes, mais demeuraient toujours, en l’état pour le service public dans la capitale et dans ses principaux domaines satellites, à la disposition de toute autorité royale qui serait alors investi à leur tête. Appelés « Captifs de Couronne », on les distinguait alors des captifs domestiques privés des princes, dits « Jàam-neeg-u-ndey », qui pouvaient participer eux aussi souvent aux charges politiques et administratives de leurs princes, mais quittaient alors aussitôt leurs fonctions dès la mort ou la chute de leur maître propriétaire, contrairement aux « Jàam-i-Buur » qui eux demeuraient toujours dans la continuité étatique de leurs charges publiques traditionnelles. Des hommes libres, tout comme des princes, en contractant des unions matrimoniales avec des femmes servantes, choisies parmi les courtisanes affiliées au « NGallo » et affectées, à titre de balayeuses, lavandières, pileuses ou cuisinières, aux services de travaux domestiques des résidences royales relevant des propriétés du Domaine public de la Couronne, donnaient ainsi naissance à une progéniture qui passait directement en propriété publique de l’État, au même titre que leurs mères, en vertu de ce lien de matrilignage.

Le Grand-Farba, issu ainsi du corps constitutif du « NGallo » royal, commande à tout le collectif des « Jàam-Gallo » établis comme Valets de la Couronne au Service de l’État et gère en même temps toutes les ressources foncières tirées des plantations relevant du Domaine de la Couronne (dâgga) et qui sont placées sous l’administration directe d’un Intendant principal du Domaine ou Diawrigne. Exerçant ses fonctions publiques en qualité de Ministre de l’Intérieur, en charge en même temps de la direction du Cabinet exécutif du Roi, le Farba-ju-Rëy se fait seconder dans cette tâche par le Fara-biir-Kër, Directeur des Affaires pénitentiaires relatives aux détenus mis aux fers ou en instance de condamnation, qui est en même temps l’exécuteur des hautes œuvres, en cas de condamnation ordonnée sur décision d’un jugement pénal. Le Fara-biir-Kër exerce, parallèlement, la haute direction des services de la Sûreté générale dans le cadre de la Police nationale qu’il contrôle étroitement à travers le réseau territorial des sous-préfets préposés au titre de « Djâligé ». Choisi dans l’autre camp militaire qui n’a pu pourvoir au poste de Grand-Farba, le Fara-biir-Kër ou Farba-Adjoint, exerce en même temps, au sein du Cabinet exécutif, comme Intendant général pour la Sécurité du Palais et Gardien militaire de l’Arsenal, de l’Écurie, du Trésor et du Butin. Le Grand-Farba est assisté, en outre, au sein de l’Office royal du Cabinet, par le Fara-Sëff, Officier supérieur désigné comme Percepteur général du Trésor et exerçant à la fois comme Intendant militaire des troupes et chef de la logistique de guerre, ainsi que de la haute stratégie militaire.

Dans le cadre de son administration territoriale, le Grand-Farba se fait alors assister par le Farba-Pênku, Préfet général chargé de la sécurisation des zones orientales du Lathié, peuplées essentiellement par des pasteurs semi-nomades Peuls, secondé alors par des Djârga ou Officiers généraux de Police mobile, chargés de la sécurité des voies tracées pour le passage régulier du bétail des éleveurs Peuls en cours de transhumance. Le Grand-Farba dispose, pour ce faire, de tout un pléthore d’autres officiers mobiles détachés auprès des différentes communautés pastorales, dont notamment le Fara-NDjêngel, intendant chargé du contrôle direct des zones de pâturages affectées à la tribu féodale des Peul NDjêngelbé ; du Fara-Thianôr, intendant affecté auprès de la communauté des Peul Sandarâbé ; du Fara-NDiaw, intendant détaché auprès de la communauté des Peul Diawbé ; du Fara-NDiâllal, détaché auprès de la tribu des Peul Yâllabé ; du Fara-Dialloubé, dit Fara-Djallônké, préposé auprès de la tribu des « DIALLO » ; du Fara-Ûrurbé, auprès de celle des « BÂ » ; du Fara-NGéra, du Fara-Ayéré, du Fara-Kayêl, du Fara-Battal… administrant alors chacun l’une des principales communautés pastorales peules ou un centre de campement local, érigé en bourgade marchande ; ceux-ci se faisant relayer localement par des sous-officiers mobiles dits Djâligé, chargés pour leur part de percevoir, en matière de police, dans chaque hameau peul isolé où ils sont délégués, la moitié des taxes prélevées sur le lait et le bétail, au bénéfice de la Couronne, l’autre moitié étant versée, concurremment, aux différents Djâligé et chefs de tribu Ardo concernés, à raison du quart total pour chacun ; de même que pour les amendes de justice, perçues en versement de leur moitié part au profit de la Couronne, en cas de rixes ou de délits commis par des Peul, le reliquat de l’amende étant remis à leurs chefs Ardo et Djâligé.

Le Grand-Farba supervise en même temps tous les autres officiers Djâligé exerçant pour la police des marchés dans les bourgades sédentaires, ou pour celle des routes situées au croisement d’intersection des voies caravanières et de transhumance, ou bien au bord des rives et des cours d’eau, ou aux limites de bordure des frontières. Au sein du Cabinet d’Office royal, se rattache encore le personnage important du Bëj-Nàar, ministre conseiller en charge du Commerce extérieur et du Transport des caravanes de marchandises maures et dont le Grand-Farba supervise la sécurité des convois acheminés, depuis l’Étranger, sur tout le territoire national, en collaboration avec les services du Fara-Sëff, officier général préposé à la sécurité des charges de transport sur les routes et les sentiers. Le Grand-Farba contrôle parallèlement tous les quartiers d’artisans établis tout autour de la capitale et des principales bourgades de commerce, se faisant assister d’un Fara-Tëgg, préposé comme intendant spécial auprès des corporations de la Métallurgie ; d’un Fara-Kûré, nommé intendant spécial auprès des corporations de la Cordonnerie et d’un Fara-Lawbé choisi comme intendant spécial auprès du corps de la Menuiserie dirigé par leur Doyen le Mâlaw. Le Grand-Farba est assisté dans son contrôle des quartiers périphériques par un Djarâff-NDông, tandis que la grande agglomération communale, tout autour de la capitale, est administrée directement par un Maire de la Ville ou Djarâff-Warkhôkh. Un autre dignitaire officiel, le Sërigne-Thyllä, établi dans la Banlieue rurale de Warkhôkh où il tient ses quartiers coraniques et domaines champêtres, est désigné en charge de toutes ses affaires privées en matière religieuse, tout en restant détaché de l’administration du Cabinet exécutif, jouant alors le rôle de Conseiller spécial, désigné en qualité de Chapelain du Roi.

Le Cabinet exécutif comprend en outre, dans la composition de son corps de staff technique formé de conseillers et attachés personnels, le personnage du Fara-Bissîk, médiateur chargé de la Diplomatie ; ainsi que le Fara-Bissët, autre médiateur chargé de la Communication ; le Fara-Mâka, porte-parole chargé de la diffusion populaire de l’Information ; de même que le Fara-Juń-junģ, chef Tambour-major général ; le Fara-Lâmb, chef Tambour du district principal ; le Fara-Gôrang, chef Tambour du quartier rural ; le Fara-Khalmbâne, chef de la Musique instrumentale de guitare (xalam) ; le Fara-Gâmbara, chef de l’Orchestre national du cœur symphonique. Tous ces conseillers techniques sont chargés, depuis la capitale de l’État, de coordonner tout le réseau des signalements au sein du Commandement militaire des Armées et dans l’espace du Territoire national, où ils ont dans chaque chef-lieu un représentant délégué. Le N’Kalla, Premier Griot Royal, désigné au choix des familles parmi les « GUISSÉ » ou les « KOUMÉ », est nommé en charge de faire battre l’Hymne royal officiel, assisté par le Beudj-Géwäl (DIOP), désigné comme Porte-Parole officiel du Roi. Enfin, un Mâbo-ndeund, doublé d’un Mâbo-njâssori, sont investis de même comme Griots attitrés à la Cour, en même temps qu’une femme désignée comme Kallâdo et une autre comme Beudj-Lékett, placées respectivement toutes deux à la tête de leurs consœurs au sein de la communauté des corps de chanteuses et de laudatrices.

Le Cabinet exécutif du M’Parba comprend enfin, comme principal membre associé de droit, issu généralement de sa domesticité privée, le Bëkk-Néég, Premier Chambrier du Roi et en même temps son Chef de Cabinet personnel qui introduit à ses audiences personnelles. Il est chargé de la gestion de ses Finances établies au compte privé du Roi, à travers les opérations effectuées sur ses fonds de recettes et de dépenses, ainsi que de l’entretien quotidien du Mobilier de Logement et l’approvisionnement de la Boisson et de la Nourriture journalière au Palais. Le Bëkk-Néég royal est assisté dans ses tâches domestiques à la Résidence par le Fara-Matta, autre Intendant nommé auprès du Palais, en charge de la comptabilité générale du Grenier public ; ainsi que par le Fara-Târa, chargé lui de superviser tout le service domestique des courtisanes de la Résidence royale, se faisant assister par une Intendante domestique ou NDoukhâne, préposée à la supervision de la Cuisine et aux tâches d’entretien ménagers de la Résidence. Un Djarâff-Pênth, autorité civile désignée en charge de la direction du Secrétariat général de la Résidence royale, contrôle alors tout le service de bureau de marabouts scribes, travaillant comme fonctionnaires greffiers pour le compte de l’administration au Palais. Placé sous la tutelle hiérarchique du Fara-Biir-Kër, il est alors en collaboration étroite avec le Djarâff-bunt-Kër, autorité militaire chargée de la Réception officielle à la Porte du Palais et de tout le service de Protocole organisé au sein de la Résidence. Un autre officier, désigné lui au titre de Gatté et choisi dans sa domesticité privée, sert alors comme Valet d’armes personnel du Roi, évoluant au sein du Task-Force de l’état-major particulier en qualité d’Attaché de Cabinet et Aide de camp militaire.

Babacar Methiour NDiaye

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