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Kocc Barma Fall serait né en 1586 à Ndiongué Fall, village fondé par son grand-père dans le royaume du Cayor.
Fils de Makhourédia Fall Demba Khoulé et de Nguéné Khéwé, Kocc grandit dans sa maison familiale en même temps que ses frères dont les plus connus sont Mahanta Fall, Demba Kholé (qui porte le nom du grand-père), et Fayiné et Fatou Fall, ses sœurs cadettes. Kocc Barma Fall est issu d’une famille noble de la haute aristocratie wolof et était le cousin du damel (roi du Cayor) Daour Demba Fall. On raconte d’ailleurs que c’est très tôt pendant son enfance que Kocc Barma Fall se révéla à ses parents, à son entourage et finalement à son village qui prédirent ensemble un avenir radieux, pour cet enfant aux signes d’intelligence évidents.
La venue de Kocc Barma Fall coïncide avec le moment où le peuple cayorien traversait une passe difficile avec Daou Demba, un damel féroce, un despote qui en faisait voir de toutes les couleurs à ses sujets et semait la terreur dans tout le Cayor.
Mais dans les cours de ces rois, Kocc, un véritable phénomène de société dont l’intelligence était d’un cran supérieure à celui de ses contemporains, a su tirer son épingle du jeu en réussissant les prouesses les plus extraordinaires. Il n’a jamais cherché à accéder au pouvoir bien qu’étant de la famille royale. Sa préférence s’est limitée à résoudre les équations les plus difficiles pour les damels, à dénouer les imbroglios et à trouver des solutions pour libérer le peuple.
Daou Demba avait imposé au peuple du Cayor sa loi, allant jusqu’à leur interdire de consommer de la viande de bête fraîchement abattue, de se regrouper etc. Aussi, avant de livrer les jeunes filles à leurs époux, il fallait que ces derniers passent trois jours dans la cour du roi. C’est Kocc, interpellé par le peuple, qui leur a non seulement donné le remède à cette situation, mais qui les a aidés à se débarrasser de ce souverain. D’ailleurs, c’est avec Daou Demba que s’est joué l’épisode des quatre touffes de cheveux que les Sénégalais connaissent par cœur.
Parmi les maximes de Kocc on peut citer : « Suivez les conseils de trois personnes, ne suivez pas les conseils de trois autres » .
Voici l’explication :
Le premier cas concerne le père, la mère et le fils aîné ; le second concerne la femme, l’esclave et le griot.
Kocc disait qu’il fallait suivre les avis de son père, de sa mère. Parce que le père, la mère et le fils aîné sont animés des mêmes intérêts ; ceux-ci pour le bien de leur fils et celui-ci pour le bien de ses parents et que toutes les fois qu’il s’agirait de dévouement, d’honneur et de gloire, de viles considérations ne fermeraient pas leur cœur.
De se méfier de ceux de sa femme, de son esclave et de son griot ; La femme, au contraire, l’esclave et le griot, ayant intérêt sur les biens d’un homme, pourraient se laisser guider dans leurs conseils par une passion quelconque.
Kocc barma disait aussi « so bëggë reey as goor, deeko jox bess bou nekk, loumou dundee bu yaggué, nga def ko maala ». (si tu veux enlever à une personne sa dignité, son humanité, donne-lui chaque jour de quoi se nourrir. À la longue tu feras de lui un animal). Kocc avait compris que la dépendance était une poison dans la société. Il disait aussi que si un peuple pense que tout ce qui le nourrit il doit le quémander à l’extérieur et qu’il en prenne l’habitude, toutes les générations de ce peuple ne connaîtront qu’un seul mot dans leur langage : « Merci ».
On attribue à Kocc Barma Fall plus de cinq milles adages ou maximes, comme : « Il ne manque pas d’hommes qui désirent le bien-être, mais ceux qui le procuraient ne sont plus…. ».
Le Damel, à la tête d’une armée nombreuse, était venu piller Ndate, une ville importante du royaume, et détruire tout. Les habitants demandèrent qu’on épargne au moins leurs vies, mais ils furent massacrés. Le philosophe n’était pas au courant des intentions du roi ; il apprit ce qui s’était passé par des gens qu’il rencontra sur sa route, portant en terre le corps d’une des malheureuses victimes. Aussitôt Kocc arrêta le convoi et s’adressa au défunt :
« Va dire à nos ancêtres qu’aujourd’hui la mort est préférable à la vie. Va dire à nos aïeux que de leur temps le commandement était entre les mains d’hommes libres qui connaissaient l’honnêteté et le devoir; qu’ils sont heureux de jouir du repos de la tombe, car ce sont des esclaves qui commandent aujourd’hui, ce sont des esclaves qui exécutent les injustes volontés de leur maître, pour en être favorisés. « Va leur dire qu’il ne manque pas d’hommes qui désirent le bien-être, mais que ceux qui le procuraient ne sont plus’… ».

Ndao Badou Le Médiateur (Facebook)