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Historique Tijaniyya

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Historique Tijaniyya

La Tijaniyya serait née en l’an 1196 de l’Hégire (1781-1782 de notre ère) lorsque le cheikh Ahmed Tijani, à 46 ans, lors d’une retraite spirituelle dans une oasis proche de Boussemghoun (Régence d’Alger), eut une expérience mystique en rencontrant le Prophète Mahomet dans une vision éveillée (et non simplement, comme le plus souvent dans la tradition musulmane, en rêve), qui lui ordonna d’abandonner toutes ses affiliations précédentes et lui promit d’être son intercesseur privilégié, et celui de ses fidèles, auprès de Dieu.

Son ordre prend rapidement une expansion importante sur la région à partir de Ain Madhi, ce qui provoque l’inquiétude des autorités du diwan de la Régence d’Alger et il est contraint de se réfugier à Fès où il s’installe jusqu’à sa mort en 1815 sous la protection du sultan alaouite Souleiman.

Le  (18 safar 1214 de l’Hégire), Ahmed reçoit le statut de « Pôle caché », ce qui dans la hiérarchie islamique en fait un intermédiaire entre le prophète Mouhammad saw et le commun des mortels, et le place immédiatement au dessus des autres prophètes et de leurs compagnons. Le Prophète l’aurait élevé au rang spirituel du sceau de la sainteté (khātam al-awliyā), lui conférant la connaissance exclusive du nom suprême de Dieu (ism Allāh al-a’ẓam) et le pouvoir d’un vice-roi (khalifa) qui seul peut assurer la médiation entre Dieu et ses créatures.

Son enseignement a été compilé par un de ses compagnons du nom de Ali Harâzim Barrâda, dans Jawâhir al Ma’ânî, un livre de mystique. L’ouvrage avait déjà fait l’objet d’une glose marginale par le saint et calife de la tijaniyya, El Hadji Omar bin Said al-Futi (1796-1864), dans Ar-rimâh (Les lances).

La zaouia tijaniyya était divisée entre une tendance « onze grains » et une tendance « douze grains ». La première récitait onze fois la prière « jawharatu el kamali » alors que la seconde la récitait douze fois.

Dans le cadre de sa guerre de résistance aux envahisseurs français, l’émir Abdelkader a sollicité, en 1832, le soutien de Mohammed Tijani, le chef de la zaouïa tijaniyya de Aïn Madhi. Mais celui-ci refusa sous prétexte que sa zaouia ne s’occupait que des questions célestes. L’émir marcha sur Ain Madi en , contraignant Mohammed Tijani à fuir au Maroc. En 1840, la zaouïa de Aïn Madhi apporte son soutien au maréchal Valée contre l’émir Abdelkader. La zaouia de Temassin fait de même. Par contre, la zaouia de Tlemcen sous la direction de Cheikh Tahar apporte son soutien à l’émir Abdelkader et proclama le djihad contre l’occupant français.

Or la zaouïa de Tlemcen soutenait un tijanisme à « onze grains » (qui récite onze fois la prière jawaharatu-l-kamali) alors que celles de Aïn Madhi et de Temassin un tijanisme à « douze grains ». De cette différence rituelle minime sont nées deux branches réputée différemment hostile à l’occupation coloniale.

Au milieu du XIXe siècle, Omar bin Said al-Futi, un Fulbe du Sénégal, assume la direction des Tijanis et le rôle de mujahid (guerrier de la foi), lançant un mouvement militant pour le djihad anticolonial en Afrique de l’Ouest, du Sénégal au Ghana et au Soudan nilotique.

En 1929, le cheikh Al Islam El Hadj Ibrahima Niasse, fils du grand Mujahid et calife de la Tijaniyya El Hadj Abdoulaye Niasse, se proclame détenteur de la grande Fayda Tijaniyya (« effluves de lumières ») prophétisée par le fondateur de la voie avant sa mort. Son mouvement finit par dépasser les frontières du Sénégal pour devenir le mouvement Tidiane le plus important à travers le monde tant par le nombre de fidèles que par l’influence spirituelle et scolastique. Son charisme est tel que Baye Niasse (« patriarche Niasse » en wolof) comme il est affectueusement appelé au Sénégal finit par devenir l’une des figures les plus marquantes du 20e siècle. Il se sera distingué notamment par son rôle diplomatique important joué auprès des leaders du mouvement tiers-mondistes tels que Abdel Nasser et panafricanistes tels que Kwame Nkrumah.

Doctrine

Le contact direct avec le Prophète dont se prévalait le fondateur de la Tijaniyya est un atout important de la nouvelle confrérie dans la mesure où il raccourcit de façon spectaculaire la chaîne de transmission des fidèles (silsila), rendant ces derniers plus proches de Mahomet que ce dont pouvaient se prévaloir les autres confréries. La Tijaniyya se veut en outre exclusive alors que l’affiliation multiple à des tariqas était généralement admise. Elle se heurta d’ailleurs rapidement aux autres tariqas qui dénonçaient cette arrogance.

La doctrine de la Tijaniyya est décrite comme l’accès à la connaissance de Dieu par le fanâ’ et le baqa’.

La récitation (wird) tijane consiste à prononcer le Lazim et la Wazifa matin et soir dont 12 fois la prière des « perles de la perfection » (« jawharatou al-kamal ») concernant la wazifa. Voir dans Fâkihatu tulâb (fruits aux sollicitants de la voie), un ouvrage de vulgarisation et d’enseignement de la tijaniyya, écrit par El Hadji Malick SY en arabe et traduit en français par le grand spécialiste, Pr. Ravane MBAYE. On y trouve la quintessence de ce qui a été déjà publié dans maints ouvrages de la tariqa.

Elle doit sans doute une partie de son succès du fait qu’elle propose une voie plus sûre, plus rapide et moins ascétique que les autres tariqa.

wikipedia

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