Home Abdoulaye Wade GUINEE CONAKRY : La piqûre de rappel de Wade

GUINEE CONAKRY : La piqûre de rappel de Wade

0
GUINEE CONAKRY : La piqûre de rappel de Wade

Le président sénégalais Abdoulaye Wade est en visite auprès de son homologue guinéen Moussa Dadis Camara. C’est la seconde visite du vieux Wade en Guinée. Celle –ci sonne comme pour rappeler le chef de la junte militaire aux bons souvenirs de ses promesses de rétablir l’ordre constitutionnel dans les meilleurs délais. Dadis avait bel et bien promis les législatives en octobre et les présidentielles en décembre 2009. Mais au fur et à mesure que le temps s’écoule, l’homme fort de Conakry, montre des signes d’irritation chaque fois que le sujet est abordé.

Il a même menacé la classe politique guinéenne, qui piaffe d’impatience de voir enfin enclenchés les chantiers des deux scrutins et de se présenter contre eux. Le doute est désormais installé entre les acteurs de la scène politique de ce pays. Et la communauté internationale qui suit de près l’évolution de la situation se montre préoccupée. On comprend dès lors le sens de ces missions d’information auprès de la junte. Une sorte de pression qui ne dit pas son nom afin d’amener l’homme fort de Guinée à accélérer la restauration des institutions républicaines.

Les 16 et 17 juillet 2009, le groupe international de contact sur la Guinée a fait le point de l’évolution de la situation. Il a mis le doigt sur le retard accusé dans la mise en place des organes de la transition et du chronogramme devant conduire aux élections. Le fait que le président Abdoulaye Wade revient sur ses pas à 6 mois de l’échéance, témoigne de la crainte qui habite nombre de dirigeants africains de voir la situation politique déraper.

Wade a été le premier chef d’Etat à se rendre dans ce pays au lendemain de la prise du pouvoir de la junte militaire, suite au décès du général Conté. Depuis lors, le chef de la junte lui voue une certaine considération et ce dernier le lui rend bien. Wade n’a-t-il d’ailleurs pas déclaré lors de son séjour dimanche dernier : « Je soutiens Dadis en tant que fils et non en tant que Président, par rapport à son engagement à rendre le pouvoir ? » Il faut donc espérer que le vieux Wade utilise à fond ce capital de confiance pour convaincre « son fils » de se hâter pour mettre fin à ce pouvoir d’exception.

Tout ce ballet diplomatique tient donc à ce bout de phrase, « son engagement à rendre le pouvoir ». Dadis le fera-t-il et à quelles conditions ? Trop concentré sur son programme minimum pour la transition qui se résume à une lutte acharnée contre la corruption et les narcotrafiquants, certains observateurs craignent que ce ne soit un prétexte pour se maintenir encore au pouvoir. En effet, il est illusoire de vouloir gagner une telle bataille en quelques mois, le temps d’une transition. Cependant, la junte a au moins le mérite de montrer la voie. Reste que de mauvais exemples commencent à faire école sur le continent où des putschistes se reconvertissent en organisateurs d’élections et les gagnent haut la main. Dadis pourrait être tenté par ce scénario venu de la Mauritanie ou bien du Niger avec le « tazartché » de Tandja.

On n’y est pas encore. Mais bien des personnes y pensent déjà. Il appartient donc au président Wade de travailler à ce que son filleul tienne parole. Le compte à rebours a quant à lui déjà commencé pour les législatives du mois d’octobre, premier grand test qui permettra de mesurer la bonne volonté de la junte militaire. Assurément, tout le monde ne peut être ATT ou Elie Ould Vall.

Par Abdoulaye TAO

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Résoudre : *
29 − 26 =