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Etudes d’une Œuvre: Maïmouna de Abdoulaye Sadji

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Etudes d’une Œuvre: Maïmouna de Abdoulaye Sadji

INTRODUCTION

Maïmouna est un roman écrit par l’écrivain sénégalais Abdoulaye Sadji.
Maïmouna est une enfant de l’Afrique, elle est issue du monde rural, elle sera séduite puis finalement meurtrie par la vie urbaine.
Elle est jeune fille, innocente, et elle rêve de Dakar, Dakar qui fera d’elle une victime…
Maïmouna est une histoire remplie d’émotions dans laquelle son auteur a voulu démontrer surtout deux façons de vivre différentes, deux visages de l’Afrique, deux morales non semblables…
L’auteur insiste dans son roman sur le fait que les Africains qu’ils soient de la campagne où de la ville doivent être fiers de ce qu’ils sont…Vouloir imiter l’occident ne sert à rien car le rythme y est totalement différent et les résultats sont plutôt désastreux …
A travers les rêves de cette jeune Maïmouna, on distingue aussi après l’envie, l’ambition, toute la détresse…Une jeunesse où il est normal de rêver mais pas normal d’être déçu selon de nombreuses causes nées de l’homme, des pouvoirs, de la corruption, des injustices et d’un occident qui fait rêver juste parce qu’il s’est approprié toutes les richesses de l’Afrique…
Cependant l’Afrique est un continent à part et qui sera certainement envié dans les années à venir…

Biographie de l’auteur
Abdoulaye Sadji est né en 1910 à Rufisque, région du Cap-Vert, au Sénégal. Il fait ses études coraniques comme tout sénégalais musulman de sa génération jusqu’à l’âge de 11 ans, après des études coraniques, il rejoint les bancs de l’école française à l’âge de onze ans, puis fréquente le Lycée Faidherbe avant d’intégrer l’École normale William Ponty. Il devient en 1929 l’un des premiers instituteurs africains et exerce en Casamance, à Thiès, Louga, Dakar et Rufisque. Puis en 1932 il défie les autorités coloniales en devenant le deuxième bachelier sénégalais, où il occupe ensuite le poste de directeur d’école et d’inspecteur Primaire de 1959 à sa mort, en 1961 . Si sa mort prématurée ne lui a pas permis d’avoir d’écrit plus longtemps, ses œuvres restent comme des références de la littérature sénégalaise et particulièrement « Maïmouna », étudié dans toutes les classes sénégalaises et qui constitue l’un des plus beaux livres de la littérature nationale

Bibliographie de l’auteur
Son œuvre compte entre autres des articles dans Présence africaine, Paris-Dakar et dans de nombreuses revues africaines. Il est également l’auteur d’essais et de contes tels que Tounka (1952), Modou Fatim (1960) ou encore Leuk-Le-Lièvre (1953), en collaboration avec Léopold Sédar Senghor (qui en assure la partie grammaticale). Ces ouvrages témoignent de son attachement et de son intérêt pour la culture africaine. Ses ouvrages les plus connus et les plus étudiés demeurent Maïmouna (1953) et Nini, mulâtresse du Sénégal (1954[]), deux romans qui relatent le parcours de jeunes femmes africaines qui, à l’image d’un continent en transition, connaissent espoir, doutes et désillusions. Dans ces deux ouvrages, Sadji se livre à une analyse sans complaisance de la société africaine. Il n’en est pas moins un ardent défenseur de son pays et de sa culture (notamment par la création de la première station radio en langue nationale). Cette culture, il la veut perméable et ouverte sur les autres civilisations. En témoignent sa germanophilie (inédite pour l’époque) et le syncrétisme religieux qu’il a défendu et vécu, au grand dam de l’élite religieuse sénégalaise.

III. Résumé de l’œuvre

Maïmouna est une jeune fille de l’Afrique paysanne, séduite, puis finalement meurtrie par la grande ville. Jolie, innocente, rêveuse, Dakar en fera une victime. Elle reviendra panser ses blessures au pays, auprès de sa vieille mère, mieux armée pour consentir aux vertus des gens simples.   À travers l’histoire de Maïmouna, ce sont deux mondes, deux façons de vivre, deux morales, deux visages de l’Afrique que l’auteur dévoile.

  • Les personnages

Mis à part le héros et quelque personnages, tous les autres sont des personnages de se faire valoir.

Yaye Daro : c’est une femme veuve, commerçante dans le marché bourg.

Rihanna : c’est la fille ainée de Yaye Daro, marié à un commis-comptable de Dakar.

Bounama : mari de Rihanna

Maïmouna : la seconde fille de Yaye Daro, le héros de ce roman.

Yassine la Responsable : la servante de Rihanna, la complice de Maimouna.

Doudou Diouf : le copin de Maïmouna à Dakar.

même Raki : la voisine de Yaye Daro, alarmée la révolte de Maïmouna contre sa brave mère.

Doudou khary : le copin de Maïmouna à Louga.

Jeanne (Sage-femme) : l’amie de Bounama, celle à déclarer publiquement que Maïmouna est en enceinte.

Silvy : c’est l’amie confidente de Rihanna.

Serigne Thierno : marabout de Daro.

  • Les thèmes de l’exposé

Destin de Maïmouna ;L’enfance de Maïmouna
A l’âge innocent, quand les petites filles noires ne portent qu’une touffe de cheveux au sommet de leur crâne rasé, Maïmouna était radieuse : un teint clair d’ambre, des yeux de gazelle, une bouche trop petite peut-être, mais d’un modelé déjà net et sensuel. Sa poitrine encore nue se bombait d’une harmonieuse façon et laissait prévoir d’opulents charmes futurs. Elle avait une taille souple, gracile, mais sans raideur ni noblesse affectée. La finesse de ses poignets n’avait d’égale que la délicatesse de ses chevilles où semblait courir un perpétuel frémissement. ! De son portait moral, que dire, mon Dieu ! C’était une petite fille sans caractère défini, presque sans pensées, rieuse, insouciante.

Sa mère, pauvre, l’habillait simplement, mais avec gout. Si les camisoles de Maimouna n’étaient pas faites de riches étoffes, elles donnaient pourtant à son teint plus d’éclat et de Fraicheur.

La jeune Maïmouna adore la vie au village. Peu importe que la case de sa mère soit délabrée et qu’elle soit l’une des jeunes filles dont les parures sont les moins coûteuses et élaborées. Quel délice d’être choyée par une mère courageuse. Et que dire des fêtes qui agrémentent la vie dans la brousse comme celle qui suit la fin du Ramadan. Pour cette occasion, Daro fait preuve d’ingéniosité et sacrifie un peu de son argent pour que sa fille rivalise en beauté avec ses petites amies. Comme il est merveilleux de contempler aux sons des percussions les trémoussements magiques de cette gamine à la grande beauté. Certes, la vie villageoise est routinière : au levé, un exercice éprouvant pour la lève-tard, donner à manger aux poules, préparer le repas et l’apporter à sa mère, commercer à ses côtés, puis retourner à la case quand les rayons du soleil faiblissent. Ainsi les jours se succèdent. En dépit des lettres de Rihanna qui demande à sa mère de lui confier l’éducation de sa sœur, Daro s’y refuse. Son amour pour sa fille et la peur de la solitude l’y empêchent.

Mais avec la puberté Maïmouna se lasse de la vie au village et de la pauvreté. Elle devient aigrie, injuste voire insultante à l’encontre d’une mère qui se démène pour leur survie. L’adolescente rêve de la vie à Dakar qui semble si merveilleuse à la lecture des lettres de sa sœur. Daro doit se rendre à l’évidence, elle doit céder et laisser partir sa fille rejoindre Rihanna qui mène une vie luxueuse grâce aux revenus de son époux, cela au milieu d’une cour où personnages importants, imposteurs et parasites sont entretenus. Dans son roman, Abdoulaye Sadji, très attaché à sa culture, fait une distinction très nette entre la vie villageoise et celle trépidante de Dakar. La première, incarnée par Daro qui prend les habits de la raison, est faite de volonté, d’un dur labeur au quotidien, de la valeur de la vie et de l’humilité que tout homme doit avoir face à son destin. A Dakar où « les agglomérations indigènes s’étalent [et] forment comme une ceinture d’ordures », la vie est semée de pièges, de tromperies, d’illusions. Sans se laisser aller à une opposition irréconciliable d’un monde naturel et par-là-même vertueux que serait le village, et celui de la cité pervertie où les hommes noyés dans la multitude auraient perdu le sens de leurs origines, il est incontestable que l’écrivain dénonce une dérive, une crainte, que l’Africain perde son identité. Une dénonciation qui devient acerbe quand il décrit l’univers inconsistant de ses africains appelés « évolués » par le maître colonisateur, qui ne rêvent que d’assimilation et s’isolent de ce qui leur apparaît être l’inculte plèbe, leurs compatriotes des faubourgs et de la brousse. Assurément, Maïmouna pure puis égarée, à l’innocence violée, est l’allégorie d’une Afrique en transition qui à la veille des indépendances doit faire le choix de son destin : elle ne doit pas renier l’authenticité de ses origines tout en étant ouverte à une modernité qui lui permettra de répondre aux défis à venir. Un enjeu qui semble être encore d’une grande actualité.

  • La vie de Maïmouna à Dakar

A l’âge de quatorze ans, elle rejoint sa sœur. Belle et bien éduquée, elle ne tarde pas à attirer plusieurs prétendants riches. Grisée par un quotidien fait de flâneries, de richesses, de mondanités et de fêtes, à mille lieues des besognes villageoises, Maïmouna plus belle que jamais ne prend pas conscience qu’elle devient un objet de convoitise. Très vite, les prétendants au mariage se bousculent. Rihanna veille à ce que sa cadette soit l’épouse d’un homme de valeur au patrimoine bien doté. Il en va de sa réputation. Elle ignore les sentiments de sa jeune sœur qui lui doit obéissance. Et pourtant, le cœur de Maïmouna peu averti de l’univers dakarois a des sentiments qui s’accommodent difficilement aux enjeux prosaïques d’un mariage de raison. Les effets dévastateurs de la tourmente approchent. Sa sœur lui en choisit un parmi eux. Six mois après ses fiançailles avec Galaye, un homme âgé et riche et polygame, Arrivée à Dakar, non seulement la vie du village mais aussi la tradition orale -représentée par des ethno-textes comme le conte, les chants, etc. perdent, dans un premier temps leur importance et leur fonction intégrante et protectrice. Les références aux formes de l’oralité traditionnelle ne ressurgissent qu’au moment du premier échec de Maïmouna dans la société dakaroise où elle est replie sur elle-même à cause de son amour secret pour Doudou Diouf dont personne de sa famille et de son entourage n’est au courant sauf Yacine qui poursuit le projet dangereux et insidieux de s’entremettre pour les deux jeunes à l’insu des proches et des parents de Maïmouna. Cette fois-ci, par l’emboitement de plusieurs proverbes dont l’auteur fait « accompagner » la protagoniste pendant la période malheureuse et nuisible qu’elle vit sous l’influence de Yacine jusqu’au départ de celle-ci, Sadji recrée le cadre de référence qui avait protégé Maïmouna dans son enfance.   Dans la lettre simulée par Yacine pour se retirer dans l’affaire, encadre cette période fatale dans la vie de Maïmouna où elle subit la plus grande épreuve dans son rapport avec Doudou et lors de sa grossesse illégitime. Le commentaire de l’auteur concernant la fonction des proverbes en général explique leur apparition à ce moment précis du roman et montre en même temps leur caractère ambigu voire douteux.
Au même titre que les proverbes, la « Sagesse traditionnelle » s’avère incapable de donner une véritable orientation face aux difficultés que Maïmouna rencontre lors de son séjour à Dakar. Bounama, que l’auteur fait parler ici en style indirect libre, constate devant le fait accompli de la grossesse illégitime de sa belle-sœur, dont il veut garder le secret, le manque de «soutien» et l’impuissance du savoir transmis par la «sagesse des vieux».
La grossesse de Maïmouna représente selon le code traditionnel une honte sans égale et s’impose comme une sorte de punition et de malédiction non seulement à Maïmouna mais à toute sa famille et provoque pour tous les concernés un choc culturel qui leur fait perdre leur croyance dans les valeurs sécurisante de la tradition. La révolte de Maïmouna contre sa mère sera sévèrement sanctionnée par la vieille même Raki qui se réfère à l’héritage moral qui interdit qu’un enfant désobéisse à sa mère, et plus tard par les évènements qu’entraine sa révolte contre un code établi et généralement respecté, interdisant l’état de grossesse en dehors du mariage .
Loin de vouloir montrer que les valeurs et les vertus transmises par le patrimoine culturel sont dépassées ou seulement ataviques et anachroniques, Sadji est bien conscient d’une déchéance potentielle et réelle de ces mêmes valeurs face à la confrontation avec la culture occidentale qui a surtout lieu dans le milieu métropolitain de Dakar.

  • Le retour

Alors mai se prépare pour Louga, elle retournait au bercail après l’aventure, auer lui importait qu’on la chassa ; son expérience de Dakar était complète à présente. A Dieu donc Dakar ville dangereuse ville de production …

Le train venait de repartir quand Maïmouna éprouva l’envi de revoir Dakar encore une fois …par la toile métallique de la portière ; elle regardait le paysage abandonnant son corps au repos et se pensait au léger et délicieux vertige approfondi par l’allure du train.

Tout à coup elle sentit une main posée sur son épaule ; c’est DOUDOU DIOUF en face d’elle ; le regard douloureux ; la mine grave elle en crut rêver et s’éclatât en sanglot.son amant la consola et après un temps de discussion le petit la quitta ; ils avaient sans le vouloir des gestes d’Adieu, ils tremblaient car l’avenir était incertain. Quelques caresses, une larme, un sanglot…..

Il mit dans la main de Maïmouna une enveloppe gonflait et un paquet ficelé en disant m’oubli pas Mai très émut compte sur moi et écrit souvent.

Vers l’ouest le pays de Louga s’annonçait par des vallonnements  la jeune fille ressentit une vive émotion jusqu’ici c’était le rêve la réalité allait apparaitre les gens du village étonnes de la voir revenir des questions seraient poses à son sujet décidément comme les hommes sont une espèce donnée ils ne pouvaient s’enfermer dans leur coquille et ignorer le sort du voisin

Yaye Daro suivie par la vielle raki tant bien que mal se dirigea vers le wagon la mère fière de sa fille dont la beauté et la taille attiraient les regards la demanda pourquoi était elle revenue ,mais mai ne veule pas parler a cet instant la de la cause de son retour, elle demandait ce que devenait ses anciennes amies (salma ;alima et karr) qui dont déjà elles sont toutes devenues de grandes filles comme elle et sont toutes au points même de ses mariées, daro et même raki auraient voulu raconter à leur mais tous les événements survenues à Louga pendant sont absence; la route était courtes entre la gars et leur concessions, Maïmouna trouva la case changeante humble et triste, elle eut un long regard pour ce lieux qui l’avaient vu naitre et qu’elle entrevoyait si souvent dans les rêveries de son existence oisive de Dakar, après un moment mais, commença à parler de Dakar ; de ses monuments ;de ses foules et de ses nombreuses voitures avec beaucoup d’enthousiasmes, ensuite elle déballa sa valise et ses paniers, même raki était rentrée chez elle, malgré la familialiste qu’on avait

  • CONCLUSION

L’oralité et la tradition orale telles qu’elles sont intégrées dans le roman « Maïmouna » d’Abdoulaye Sadji remplissent au moins quatre fonctions qui sont à retenir :
– A travers les ethno-textes, l’auteur veut contribuer à l’ouverture d’un dialogue entre la culture africaine et son public qui est en grande partie constitué d’Européens. Ce but est un objectif fondamental de l’écrivain Sadji en tant que ressortissant de l’Ecole William Ponty.
– Les ethno-textes et les discours de l’opinion commune se situent autour de trois champs de gravitation : passé-modernité, ville-village, esprit critique-obscurantisme. Les individus situés entre les pôles divergents vivent un conflit qui répercute dans les domaines du langage en général et de l’oralité en particulier.
– A travers le changement dans la fonction, qu’ongles différentes formes d’oralité, l’auteur découvre les insuffisances et les défaillances d’une société dont les valeurs traditionnelles vont perdant leur sens sans que l’époque moderne n’arrivent ni à les faire revivre ni à les remplacer par des valeurs nouvelles.
– Le dynamisme existant au sein de l’oralité reflète un dynamisme à l’intérieur de la société humaine laquelle se trouve en permanente mutation entre un présent marqué par des acquis fixés et consacrés et un avenir encore ouvert qui est en train de se créer en modifiant et faisant évoluer la tradition.
Qu’elle fût victime de la ruse de Yacine qui la mit en relation avec Doudou sans que Maïmouna sût la portée de ses actions ne peut s’expliquer en effet que par la façon dont l’entourage esquive en général les questions qui touchent à la sexualité et à la reproduction. La mère traite dès l’enfance, et la puberté avec discrétion et pudeur la vie intime de sa fille :
«Désormais il existait, entre la mère et la fille un voile de pudeur empêchant celle-là de trop pénétrer les pensées secrètes de celle-ci. Maïmouna mettait une sorte de ruse juvénile et dérober sa nouvelle personnalité, à vouloir conserver extérieurement son enveloppe de gamine innocente ».

 

source: universeducatif

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