Crise post-électorale de 1988

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Le 28, les électeurs se rendent aux urnes pour élire le président de la République et la nouvelle Assemblée nationale. Le président Abdou Diouf, candidat du Parti socialiste et successeur de Léopold Senghor, au pouvoir depuis 1981, est le grand favori. Son principal adversaire est Me Abdoulaye Wade, candidat du Parti démocratique sénégalais (P.D.S.).

Au cours de la campagne électorale, le président Diouf et sa politique d’austérité ont été la cible des critiques de l’opposition et de nombreux incidents, imputés aux militants du P.D.S. ont eu lieu. Abdou Diouf obtient 73,2 p. 100 des suffrages à l’élection présidentielle et Abdoulaye Wade près de 25 p. 100. Au Parlement le Parti socialiste ne laisse que 17 sièges sur les 120 au P.D.S., qui est le seul parti d’opposition représenté. Malgré l’avis contraire d’observateurs internationaux, l’opposition conteste la régularité du scrutin.

Le 29, dès l’annonce des premiers résultats, des étudiants descendent dans la rue. Ils se heurtent aux forces de l’ordre et l’état d’urgence est décrété à Dakar. Abdoulaye Wade est arrêté ainsi que plusieurs dirigeants politiques. Ils seront traduits devant la Cour de sûreté de l’État dans les jours qui suivent.

Cependant, le président Diouf affirme qu’il n’est pas question de remettre en cause la démocratie pluraliste mais reproche à l’opposition une « manipulation […] de la jeunesse à des fins politiciennes ».