Home Écoles d'excellences Capitaine Charles N’Tchoréré (Parrain du Prytanée Militaire de Saint-Louis)

Capitaine Charles N’Tchoréré (Parrain du Prytanée Militaire de Saint-Louis)

0

Le capitaine Charles N’Tchoréré, né à Libreville (Gabon), s’est engagé en 1915 dans les tirailleurs sénégalais et a participé avec une bravoure peu commune aux combats de la Première guerre mondiale qu’il termine avec le grade de sergent.
Promu adjudant en 1919, il est admis en 1922 à l’école d’officiers de Fréjus.
Après avoir servi en Syrie et au Soudan français, il est promu capitaine en 1933 et commande l’école d’enfants de troupe de Saint-Louis du Sénégal.
En 1939, il demande à combattre contre les nazis, ce qui lui vaut la nationalité française.
Il fait vaillamment campagne dans la Somme à la tête de la 5e compagnie du 53e régiment d’infanterie coloniale mixte.
La compagnie du capitaine N’Tchoréré reçoit pour mission de protéger le petit village d’Airaines, proche d’Amiens, contre l’invasion allemande.
C’est là que va s’accomplir l’un des plus beaux faits d’armes de la seconde guerre mondiale.
Le capitaine N’Tchoréré et ses hommes résistent pendant 5 jours, à un contre dix, à l’attaque allemande, plusieurs fois repoussée et finalement menée aux panzers et aux lance-flammes.
Le 7 juin 1940, ayant épuisé toutes ses munitions, le capitaine N’Tchoréré se résigne à se rendre pour épargner la vie des 15 hommes valides qui lui restent.
On peut imaginer la rage des Allemands du 25e régiment d’infanterie s’apercevant que les héroïques défenseurs du village étaient pour les deux-tiers des « Sénégalais », avec à leur tête un officier africain ayant des officiers « blancs » sous ses ordres.
Pour se venger, ils trièrent leurs prisonniers selon la couleur de leur peau : N’Tchoréré fut regroupé avec une dizaine d’Africains, tous hommes du rang.
Faisant valoir avec dignité les conventions internationales et sa qualité de capitaine, qui lui interdisait, même prisonnier, de se séparer de ses officiers, et refusant de se plier à la ségrégation, N’Tchoréré, malgré les protestations courageuses de ses frères d’armes de toutes couleurs, est abattu sur place d’une balle dans la nuque. Son corps est écrasé sous les chenilles d’un char.
Le lendemain, 8 juin, au nom de l’idée de « race », 50 tirailleurs du 53e régiment d’infanterie coloniale, dont les soldats du capitaine N’Tchoréré, furent cruellement assassinés par les soldats allemands, qui pourtant n’étaient pas des SS, dans le village voisin de Quesnoy-sur-Airaines.
Une plaque commémorative y rappelle leur martyre.
Le petit village d’Airaines a baptisé l’une de ses rues du nom de son héroïque défenseur.
Le lendemain, dans la même région – à Erquinvilliers (Oise)- le capitaine guadeloupéen Moïse Bébel fut assassiné avec ses hommes dans les mêmes conditions.
Mais aucune autre commune de France, aucune promotion d’aucune école française d’officiers ne semble avoir songé à honorer la mémoire de Charles N’Tchoréré. Il a pourtant accompli, au même moment que Jean Moulin et pour les mêmes raisons (Jean Moulin s’est tranché la gorge pour ne pas couvrir un massacre de tirailleurs sénégalais) le premier geste de résistance à l’occupation nazie, sauvant ainsi l’honneur de tout un peuple.
Le village d’Airaines (Somme),
défendu jusqu’à la mort en juin 1940 par le capitaine
Charles N’Tchoréré et ses hommes au nom
d’une certaine idée de la France

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Résoudre : *
29 + 28 =