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Awa Thiam

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Awa Thiam

Awa Thiam, née au Sénégal en avril 1950, est une écrivaine, anthropologue et personnalité politique féministe sénégalaise. Elle est l’auteure de La Parole aux négresses, publié en 1978 et premier texte africain dans lequel sont ouvertement dénoncées des pratiques comme la polygamie, la dot ou les mutilations génitales. Elle est présidente de la Commission pour l’abolition des mutilations sexuelles fondée en 1982.

Biographie
Awa Thiam est étudiante à Paris, où elle soutient en 1995 une thèse de doctorat en ethnologie et anthropologie du politique, intitulée Sociétés africaines en mutation du côté des femmes : l’exemple du Sénégal, à l’université Paris-VIII1. Elle est cofondatrice en mai 1976 de la Coordination des femmes noires dont elle devient présidente.

Elle est professeure associée et chercheure en anthropologie à l’Institut fondamental d’Afrique noire (IFAN) de Dakar. Elle dirige en 2004 le Centre social des femmes de Dakar, où elle organise des cours d’alphabétisation, d’hygiène, de puériculture et donne des techniques de formation.

Activités éditoriales
En 1978, alors qu’elle est étudiante à Paris, elle publie La Parole aux négresses, un livre dans lequel des femmes du Mali, du Sénégal et de Guinée témoignent de la vie des femmes dans leurs pays et de la manière dont elles font face aux mutilations génitales, aux tortures traditionnelles, à la polygamie institutionnalisée et à l’initiation sexuelle. À partir de ces problématiques sont analysées d’une part, la situation des femmes noires, et d’autre part la spécificité de leur lutte, marquée par leurs origines culturelles, religieuses et sociologiques4. Elle est la première femme africaine à dénoncer les mutilations subies par les femmes et les pratiques telles que la polygamie, la dot.

Awa Thiam met à jour les trois systèmes d’oppression qui, selon elle, s’exercent sur les femmes africaines : le sexisme, le racisme et le classisme, discrimination basée sur l’appartenance à une classe sociale. Elle analyse également comment le racisme et la discrimination sociale inhérente à la colonisation, ajoutée au sexisme affectent la situation des femmes africaines7. Son travail, avec celui de Nawal El Saadawi, a mis en lumière la pratique des mutilations génitales longtemps demeurée dans l’ombre.

Activités institutionnelles
Awa Thiam est présidente de la Commission de la santé, de la population et des affaires sociales et de la solidarité nationale8.

Elle est co-fondatrice de la Commission pour l’abolition des mutilations sexuelles.

Publications
La Parole aux négresses, Denoël (1978) (ISBN 2207325091)
Femmes du tiers-monde, (1981)
Speak Out, Black Sisters, Pluto Press (1986)
Continents noirs, Éditions Tierce, coll. « Femmes et sociétés » (1987) (ISBN 2903144397)
« Women’s fight for the abolition of sexual mutilation », International Social Science Journal, vol. 50, no 157,‎ 1998, p. 381-386 (lire en ligne [archive], consulté le 29 août 2020).
La Sexualité féminine africaine en mutation, l’exemple du Sénégal (2015), L’Harmattan

Bibliographie
Bernard Mouralis, « Une parole autre : Aoua Keïta, Mariama Bâ et Awa Thiam », Notre Librairie, no 117, p. 21-27, 1994.
Anne Hugon, « Awa Thiam », dans Christine Bard et Sylvie Chaperon, Dictionnaire des féministes : France, XVIIIe-XXIe siècle, PUF, 2017 (ISBN 2130787207, présentation en ligne [archive]).
« Thiam, Awa (1950– ) », dans Emmanuel K. Akyeampong & Henry Louis Gates, Dictionary of African Biography, Oxford University Press, 2012 (ISBN 9780199857258).

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