Home Bouna Alboury Ndiaye « ALBOURY DÈMAL TÉ NIEUW »

« ALBOURY DÈMAL TÉ NIEUW »

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« ALBOURY DÈMAL TÉ NIEUW »
Ali Seynabou Diop Ndiaye dit « Alboury » est né en 1845. Il est le fils de Seynabou diop,fille de Amadou Yella(grand-père de Lat-Dior). Son père est Biram Penda Ndiémé Ndioté(mi thi nguénénène).
Son père fut assassiné à la bataille de Nguénénène par ses oncles. Seynabou sa mère désemparée le porta sur son dos pour se réfugier chez son père à Keur Amadou Yella mais elle fut rattrapée et a failli être tuée. Par la subtilité divine,un des assaillants ordonna qu’on l’épargne ainsi que son fils qui était prédestiné à régner…
-Alboury a été élevé dans le Cayor par le grand frère de de Lat Dior, Birima Ngoné Latyr Fall. Il devint un gladiateur émérite qui fit ses premières armes avec son cousin Lat Dior qu’il accompagne plus tard dans sa campagne chez Maba Diakhou Bâ. Il est présenté comme un homme imposant (environ 2 mètres) et un farouche combattant sur le champ de bataille. Il avait aussi la particularité de laisser la vie sauve aux chefs ennemis en les poursuivant jusqu’à leurs fiefs comme le chantent les griots: « Alboury mi daan dakh-dakhé Garmi yi. »
-En 1875 Il récupére le trône du Djolof des mains de Bara Dème,qui fut installé roi par son frère Ahmadou Cheikhou Dème,conquérant éphémère du Djolof après avoir vaincu Tanor Fatim Coura Ngouye.
-Alboury était un musulman pratiquant. Le minaret de la mosquée juxtaposée à sa chambre est encore visitable dans les ruines du Tata de Yang-Yang.Il fut un ami de Cheikh Seydi Hadj Malick qui lui rendait visite sur ses lieux,et de Cheikhna Cheikh Sadou Abih qui formulait des prières pour lui…
-Au sommet de son magistère, Alboury avait un projet de résistance bien plus vaste que seulement pour le royaume du Djolof. Au mois de Mai 1880 à Soughère,il a demandé à Lat-Dior,Demba War,Ibra Fatim Sarr et Omar Niane de se féderer, combattre, & définitivement vaincre le colon. Ces mots lui sont prêtes à la réunion de Soughère:
« bèneu noon laniou am mouy toubab bi.naniou boolé souniouy dolé khèkh ak mom sani waat ko si guéédj giko fi andi. »
Mais les querelles inter-royales continuent malheureusement.En Juillet 1886,Samba Laobé Khouredia Mbodj qui était le Damel officiel,décida d’attaquer Alboury dans le Djolof avec dans ses rangs des sommités du Cayor comme Demba War,Ibra Fatim Sarr, Mousseu Bouri Déguéne Codou etc à la fameuse bataille de Guillé (les griots chantent: « Mousseu Bouri déguéne Codou bamouy nieuw guillé day war,bamouy dèlou daniou ko seuf khamoul kou dè khamoul kou daw »).Ensuite viendra la fratricide bataille de Diamé Ndiaye contre son beau-frère Mbaba Bassine Ndao du Ndiambour.
-Après la mort de Lat Dior à Dékheulé et la chute du Cayor, annexé par la France, une fronde de dignitaires du Djolof se soulève furtivement contre Alboury et envoie une plainte anonyme aux colons afin de les mobiliser contre Alboury…parmi eux son frère Samba Laobé Penda Ndiaye qui était devenu trop puissant et lorgnait le trône…Se sentant trahi et moins influent,Alboury décide de quitter le Djolof: il s’éxile vers Ségou au Mali auprès de Amadou Cheikhou fils de Cheikhou Omar Tall pour une Jihad contre les forces coloniales…
Avant son départ il consulte son marabout et ami Cheikhna Cheikh Saadbou en lui disant :
« Prie pour que mon corps,le jour de ma mort échappe à la vue des colonisateurs et des infidèles.Prie pour que Dieu m’accueille dans son paradis.Prie pour que mon fils Bouna ait longue vie. »
Après une retraite spirituelle de 3 jours,Cheikhna Cheikh Saadouh Abih dit à Alboury Ndiaye:
« A ta mort ton corps reposera dans une mosquée,tu iras au Paradis puisque tu mourras dans une Jihad. Ton fils Bouna régnera sur le Djolof de ton vivant,aura ta renommée et une longue vie ». Bouna Alboury sera intronisé Bourba en 1895 après la déportation de son oncle Samba Laobé Penda Ndiaye (déporté au Gabon avec Cheikh Ahmadou Bamba).
-Alboury remporte de nombreuses batailles au côté de Ahmadou Cheikhou, de Samory Touré, et de Kéba Traoré, son génie militaire et sa vaillance firent l’unanimité dans la sous-région.
-D’après dautres traditions orales, Alboury aurait eu une prémonition de sa mort quand il a été accusé par une jeune dame d’avoir bu sa calebasse de lait. Il se retourna vers le griot qui lui restait pour lui dire: »Cela prouve que ma fin est proche. Avant j’étais un roi craint et maintenant une fille m’accuse de vol… »
-En 1901 Alboury Ndiaye tombe à kala-kala et meurt. Tué par une arme mystique : une flèche tirée par un jeune non-circoncis(signe « d’innocence »).
Ses restes reposent à la grande mosquée de Dosso, au Niger.
-À sa mort son griot revient au Senégal et rapporte aux Djolof-Djolof l’odyssé de Ali Seynabou Ndiaye depuis son départ jusqu’à sa mort. Les griots du Djolof, conscients de cette grande perte & nostalgiques de l’épopée d’un Djolof de gloire et de valeurs, entonnèrent cette chanson « consolatrice » rendue célèbre par Youssou Ndour : ( « Albourééé dèmal té nieuw Baayou Bouna, Albouréé démal té gneuw »)
PS : sur l’image, les portraits de Alboury et son cousin Lat Dior Ngoné Latyr
Retros et souvenirs du Senegal

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