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Aïssatou Cissé, PARCOURS D’UNE COMBATTANTE

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Aïssatou Cissé, PARCOURS D’UNE COMBATTANTE

Aïssatou Cissé, née en 1970 ou 1971, est une femme de lettres sénégalaise.
Œuvres
Zeyna, Saint-Louis, Xamal, 2002, 104 p. (ISBN 2-84402-033-X)
Linguère Fatim, 2004

Conseillère du président de la République, Macky Sall et fervente militante de la cause féminine, Aïssatou Cissé a le parcours d’une combattante. Aujourd’hui, elle mène de tous les bords des combats pour que les droits de ses «sœurs» vivant avec un handicap soient respectés. Portrait d’une dame qui a gravi des échelons malgré son handicap

Bien assise sur son fauteuil roulant, face à son ordinateur dans son bureau sis au ministère des Forces armées, Aïssatou Cissé s’apprête bien à démarrer son boulot. Dreadlocks courts, lèvres rougies, la conseillère spéciale du président de la République, Macky Sall, en charge des Politiques de prise en charge de la vulnérabilité et du handicap, garde une splendeur de jeune fille. Emmitouflée dans sa tenue traditionnelle de couleur violette patchée de mauve, cette (femme) «handicapée motrice» qui n’est pas comme les autres parle d’elle-même avec passion.

Née il y a de cela une quarantaine d’années au centre ville de Dakar, plus précisément à Niayes Thioker, Aïssatou Cissé a dû se battre pour être là où elle est aujourd’hui. Ainée d’une famille «cosmopolite», comme elle aime à le raconter, elle a fait ses études préscolaires à Dieuppeul avant d’intégrer l’école de Liberté 6 A. Toutefois, elle a arrêté ses études, fautes de «structures» adaptée et à cause de «l’inaccessibilité» des établissements scolaires vue son handicap et l’inaptitude à suivre des cours par correspondance. Aïssatou Cissé a passé son enfance entre Niayes Thioker, Médina et Rebeuss, des quartiers nichés dans la capitale sé- négalaise. Ce qui lui a valu le sobriquet de «ganguistar» de la part de ses collègues, notamment l’artiste comédien Kader «Pichinini». Avec son enthousiasme et sa personnalité extravertie, Aïssatou Cissé a gravi des échelons malgré son handicap. En plus d’être agent en protection sociale, elle est aussi membre du Conseil d’administration de l’Association sénégalaise pour la protection des enfants déficients mentaux et membre d’associations féminines au Sénégal et féministe sur le continent et dans le monde.

Sans oublier qu’elle est aussi membre de Falia éditions en France, une maison d’édition qui travaille pour les enfants. Ce parcours bien rempli d’Aïssatou Cissé résulte du soutien de ses parents, confie-t-elle. «Je n’étais pas tout le temps dans la même école avec mes frères parce que mes parents m’apprenaient à veiller sur moi-même. Et c’est comme ça que j’ai pu veiller sur d’autres personnes. Même si je n’ai pas une force physique, j’ai ma bouche», dit-elle avec passion. D’où son engagement aujourd’hui pour la cause des personnes vulnérables, avec comme objectif de briser les barrières imposées aux personnes handicapées et leur donner une visibilité dans la société.

«MON REVE, C’EST DE VOIR DES FEMMES HANDICAPEES OCCUPER DES POSTES DE PRESTIGE»

Féministe jusqu’à la moelle des os, l’insertion des personnes handicapées reste son cheval de bataille. Elle dégage de l’énergie, tremble de joie en abordant ce sujet. «Le handicap constitue un frein dans certaines choses dans la vie professionnelle. Nous sommes obligés de nous battre pour imposer notre savoir faire, notre dynamisme par rapport au travail qui nous est confié. C’est un perpétuel combat, tous les jours, en tant que femme handicapée», martèle-t-elle. Elle ajoute: «mon rêve c’est de voir des femmes handicapées occuper des postes de prestige parque nous avons des femmes d’envergure dans ce pays et il faudrait les accompagner». En tant que femme handicapée, Aïssatou Cissé est anéantie par la prise en charge laissant à désirer de la santé de la reproduction de ses sœurs handicapées au Sé- négal. «C’est déplorable comment on voit, la perception d’une femme handicapée qui attend un enfant. C’est très négatif, c’est insultant», déplore-t-elle.

«L’ECRITURE POUR MOI, C’EST UNE ARME»

Au vu des violences faites aux femmes, elle a aussi comme astuce sa plume pour dénoncer cette injustice sociale. «L’écriture pour moi, c’est arme pour dénoncer. Par exemple, l’excision et l’éducation des enfants, on n’en parle jamais et on s’étonne de voir des délinquants dans la rue.» C’est le thème d’ailleurs de son premier livre intitulé «Zeina». Elle a aussi publié un autre roman: «Un secret trop lourd» dans lequel elle parle de «l’infanticide, de l’abandon des enfants, des bébés et aussi des problèmes que rencontrent les domestiques du monde rural qui tombent enceintes et qui sont perdues, désespérées, qui soit tuent leurs enfants. Et, dans le livre il y a les alternatives». Dans son répertoire de livres aussi, il y a une bande dessinée. Ici, elle aborde le préjugé face au handicap. Et, c’est parce qu’elle est engagée à servir son pays que quand on lui demande quel est son plus beau souvenir, Aïssatou Cissé répond: c’est le «jour où Macky Sall m’a appelée pour dire qu’il a besoin de moi au Palais pour servir ma nation». «Quant à mon mauvais souvenir, c’est le jour où j’ai perdu mon frère», ditelle. Aïssatou Cissé est en train de préparer un gala des Baobabs pour encourager surtout le secteur privé à recruter des femmes handicapées.

Mariama DJIGO ET Fatou DIOME

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